Alpina est de retour sur le devant de la scène. La maison allemande spécialiste BMW est en passe de mettre un terme à près de 2 décennies d’absence officielle en France. À une plus grande échelle, la quête de l’image passe aussi par l’implication dans les paddocks. Cette nouvelle présence dans les classements FFSA, c’est l’équipe française Sport Garage qui l’assure. Rencontre avec T. Prignaud et R. Brandela, les deux meneurs transfuges de chez Ruffier Racing.
Au stand Alpina pour ces 24 Heures de Spa 2010, l’ambiance a un goût d’époque héroïque. Thierry Prignaud et Romain Brandela sont des « gentlemen drivers », pilotes non professionnels mais néanmoins expérimentés et surtout passionnés. C’est d’ailleurs l’ambition de toute une équipe qui fait avancer cette petite écurie française, Sport Garage. Dès lors, pas mal de choses sont possibles…
Présence stratégique
Préparateur ou petit constructeur, Alpina appartient en réalité à cette seconde catégorie. C’est en effet l’un des rares constructeurs, avec Wiesmann, à être officiellement reconnus comme tels par BMW. Il collabore d’ailleurs étroitement avec BMW pour le développement des moteurs Motorsport.
Le lancement d’une « petite » D3 voilà bientôt 2 ans, basée sur une 320d, annonçait une stratégie de volume. Et voilà qu’il y a peu, nous apprenions que des BMW Alpina seraient de nouveau commercialisées en France, après près de 20 ans d’absence. C’est en 1991 que la dernière Alpina a été vendue dans l’Hexagone, au Garage du Bac… Aujourd’hui, 6 concessions viennent de signer un partenariat de distribution avec Alpina.
Avant la relance commerciale en France du célèbre logo à vilebrequin, Alpina a entrepris en parallèle un retour en compétition en 2009. C’est en partie par l’intermédiaire de nos hôtes de Sport Garage que l’officine allemande a repris pieds sur les circuits européens.
Repartir d’une feuille blanche…
En réalité, il y a peu de liens entre la présence commerciale d’Alpina en France, réintroduite sous l’impulsion de Jean-Michel Martin ( Alpina Belgique ), et l’implication de la maison-mère en compétition. Mais la présence sur les événements à forte image apporte un bénéfice non négligeable en terme de notoriété. D’où une participation systématique, depuis l’an dernier, aux principales rencontres GT.
« On accompagne le retour à la distribution officielle. Rappelons qu’il y a 25 ans, Alpina était au top sur les circuits. Même si c’est difficile, la voiture étant encore en développement constant au cours de cette seconde saison de carrière, on s’en sort plutôt bien », confie Thierry Prignaud, co-équipier sur l’Alpina B6 n°55 avec Romain Brandela. Ce dernier confirme : « Il a fallu partir d’une feuille blanche, sans les moyens d’une grosse équipe. Pour retrouver nos lettres de noblesse, ce n’est pas évident. Mais par rapport au positionnement d’Alpina, c’est un excellent vecteur de communication auprès de la clientèle potentielle de la marque ».
Sport Garage évolue en effet avec des moyens relativement limités par rapport aux grosses écuries et aux teams officiels. « Nous bénéficions du soutien technique d’Alpina, qui nous fournit un stock de pièces et deux ingénieurs. Mais notre atout, c’est surtout le dévouement de notre équipe qui s’investit à fond. La plupart de ceux qui nous rejoignent sur les circuits le font par passion. Beaucoup ont une vie de famille à côté, et partir quelques jours sur des événements n’est pas toujours gérable. »
Cela vaut aussi pour Thierry et Romain, qui sont ici en « mission d’intérim ». En temps normal, nous sommes plus habitués à les voir évoluer pour l’écurie Ruffier Racing, sur Lamborghini Gallardo.
Quelque part, le retour d’Alpina s’opère avec discrétion. Comme un petit constructeur le ferait pour prendre la température, en se battant tout de même comme un beau diable. La première victoire d’une Alpina, c’était en octobre dernier en GT3, emmenée par Thierry Prignaud. « Une belle victoire, surtout devant les Audi R8 Oreca, qui jouaient sur leurs terres. »
Et pour cette édition 2010 des 24 Heures de Spa, la mission aura été en partie accomplie. La n°56 terminera 18ème au classement général ( 8ème en GT3 ). Mais comme l’an dernier, la n°55 sera hélas victime d’une casse moteur à 3 heures de l’arrivée, se plaçant 20ème au général.
« Terminer une course de 24 Heures, c’est déjà une performance en soi ». Pas mal pour des « pigistes » chez Sport Garage, comme Romain se qualifie. Du coup, on se donne rendez-vous l’année prochaine, en vous félicitant pour la prestation et vous souhaitant bon courage pour les prochains rendez-vous…
En espérant ne pas avoir trop traîné dans les pattes de nos hôtes durant certains ravitaillements ou situations critiques, tous nos remerciements à l’équipe Sport Garage et à Stéphanie, notre accompagnatrice à Spa Francorchamps.



















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