Maserati Shamal : Guide d’achat occasion

Publié par Antoine Arnoux le 23 avril 2009

Profondément déraisonnable. Voilà résumée la Maserati Shamal, dernière représentante des périodes troubles du Trident. Exigeante en entretien, rare, elle fait figure d’espèce en voie de disparition : avis aux amateurs, vous agirez en mécène du patrimoine automobile européen…

L’ère De Tomaso marque la fin de l’enfer pour Maserati. Enfin pas tout à fait, puisque les modèles Ghibli II et Karif souffriront de leur mauvaise réputation ( fiabilité, notamment ) jusqu’à la fusion avec Ferrari en 1997 ( opération orchestrée par Fiat, propriétaire de Maserati depuis 1993 ). Et ce malgré une réelle volonté de s’orienter vers le sport, en abandonnant la philosophie trop « Grand Tourisme » qui prévalait chez Maserati au début des années 80.

A défaut de contribuer au redressement commercial du trident, la Shamal symbolise le retour de Maserati dans la cour des grands. Avec perte et fracas : perte, puisque la rentabilité du constructeur de Modène sera loin d’être assurée par cette confidentielle GT ( 369 exemplaires produits ) produite de 1990 à 1996. Passons au fracas…

Dur, surtout aujourd’hui, de passer inaperçu au volant d’un engin de cet acabit. Pour sa ligne d’abord : rien à voir avec la splendide Ghibli de 1966, encore aujourd’hui considérée par les esthètes comme l’une des autos les plus réussies du siècle passé.

Ah, les années 80, période riche en autos dessinées à l’équerre… On est dans la veine du « Low Style » avant l’heure : long capot au profil relativement bas, poupe ramassée et très haute… Marcello Gandini, à qui on doit aussi les Lamborghini Miura et Countach, a simplement repris les grandes lignes de la première biturbo inaugurée en 1981. En plus moderne toutefois : figurez-vous une Ghibli II, aux ailes taillées à la serpe ( la Lancia Delta a fait des émules… ) et dont la lunette arrière a été plus inclinée. On aime ou pas, mais la Shamal fait son petit effet. L’aspect général râblé est encore accentué par des voies av/ar élargies de 7 et 10 cm. Le coupé Maserati n’en est pas moins harmonieux : l’équilibre est simplement troublé par un poupe trop haute sous certains angles, identité propre encore aujourd’hui à certaines productions transalpines ( Alfa, notamment ).

Voici donc la devancière de la 3200 GT… Ça vous étonne? En effet, vu le style de la Ghibli II, on peine à croire que seule une génération la sépare de la 3200. Le grand public aussi peinera à le croire et ne se privera pas de quolibets.

Et comme on a gardé un design eighties, on se permet quelques extravagances aujourd’hui très kitsch… L’œil est tout de suite attiré par quelques bizarreries plus ou moins gratuites, comme l’épais montant central ( immuablement noir, quelle que soit la couleur extérieure?! ) ou encore le surprenant spoiler à la base du pare-brise, censé protéger les essuie-glaces. Et que dire de cet étrange passage de roue arrière tronqué? Une réminiscence de l’ère Citroën, peut-être? Non, je plaisante… Par rapport à une Ghibli II plus bourgeoise d’aspect, la Shamal fait la part belle au sport : la présentation générale inaugure certains éléments qui ont inspiré les pionniers du tuning! Feux arrière fumés et feux avant « masqués », prises d ‘air outrageuses sur le capot… Qui nous invitent à soulever ce dernier.

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