Alfa Romeo 159

Publié par Antoine Arnoux le 4 janvier 2009

L’Alfa 159 sur la route

Signe des temps, la 159 a pris du poids. Plus que de raison hélas. Fatalement, le comportement routier est devenu bien sage. Dommage pour les puristes, tant mieux pour les autres. Car la 159 se veut également être un véhicule de conquête : car si le train arrière semble désormais rivé au sol, conférant une stabilité imperturbable à la berline Alfa, le train avant a gardé une précision et un renvoi d’informations savamment dosé. Il en résulte un châssis homogène, offrant un excellent compromis confort / dynamisme. Les limites du châssis seront vite atteintes pour les plus sportifs, bien sûr : avec près d’1,6 tonne, pas de miracle. Les suspensions raffermies des versions Ti compensent en partie la relative nonchalance du châssis.

Sous le capot, l’offre disponible souffle le chaud et le froid. Oubliez le 1.9 JTD 120, bien trop juste, et sa variante 150 ch. Acceptable question performances, ce 4 cylindres reste encore typé diesel. En diesels, le 5 cylindres 2.4 de 210 ch ( 200 ch avec la transmission Q tronic ) fait preuve d’un certain brio mais n’égale pas pour autant les mécaniques essence. Car une Alfa, cela se conçoit avec des bougies et des envolées lyriques, vers des zones rouges aériennes si possible. Pourtant, les puristes seront là aussi déçus. Dans l’offre 4 cylindres, le 1.8 MPI de 140 ch est rendu amorphe par la surcharge pondérale de la transalpine. Le 1.9 JTS et ses 160 ch commence à être intéressant, sans être un foudre de guerre mais se montre gourmand ( 9 l/100 km en cycle mixte ). Le 2.2 JTS de 185 ch est certainement l’offre la plus homogène, d’autant qu’il affiche une consommation à peine plus élevée. En provenance de la banque d’organes General Motors, ce « 4 pattes » a été retravaillé chez Alfa afin d’offrir un minimum de caractère maison. Le résultat est probant, sa sonorité évocatrice rappelle les montées en régime rauques et métalliques des précédents Twin Spark, bien qu’il soit dépourvu de double allumage. Séduisante sur le papier, cette version s’accommode parfaitement d’un usage Grand Tourisme à défaut de réelles aptitudes sportives ( 0 à 100 en 8,8 s, tout de même ).

La polémique se situe au sommet de la gamme, avec le V6 3,2 litres de 260 ch, lui aussi d’origine GM, Holden précisément. Un blasphème pour les inconditionnels du V6 Arese mis au rancart à cause des normes Euro 5. Fait-on un mauvais procès au V6 australien? Sans doute, car même si il ne montre pas le même allant pour grimper jusqu’aux cimes du compte-tours, sa musicalité plutôt bien travaillée et ses performances entretiennent le Cuore Sportivo de la 159 ( 7 s suffisent pour le 0 à 100, et la vitesse maxi s’établit à 250 km/h ). Au prix d’une consommation d’environ 13 l /100 en cycle mixte…

Pour la transmission, il faudra rechercher en priorité une boîte manuelle. La Selespeed du 2.2 JTS ( seule boîte disponible avec ce moteur depuis début 2008 ) est trop peu réactive et la Q tronic séquentielle supporte mal les rétrogradages intempestifs. Notons qu’une transmission intégrale Q4 est disponible sur les V6 et 5 cylindres, pas vraiment convaincante à l’usage en raison d’à-coups de transmission trop prononcés. L’efficacité n’y gagne pas vraiment, même si l’équilibre favorise le train arrière ( répartition du couple de 43 / 57 ) : la prise de poids due au système ( 80 kg ) est loin d’être la bienvenue!

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