Mercedes ML 55 AMG : Guide d’achat occasion

Publié par Antoine Arnoux le 14 novembre 2008

Le Mercedes ML 55 AMG sur la route

Lors de l’arrêt de sa production, le ML faisait presque figure de dinosaure par rapport aux autres SUV tels que les BMW X5 ou Volkswagen Touareg, de conception beaucoup plus récente et faisant appel à des châssis proches de berlines routières modernes. Le X5 est d’ailleurs développé sur base de série 5 e39. Rien de tout cela chez le ML, qui reste fidèle à un châssis séparé, comme sur un authentique tout-terrain. Même si le franchissement est loin d’être sa vocation première, il ne se défend pas trop mal dans ce domaine… Malgré une fiche technique à faire aujourd’hui sourire n’importe quel ingénieur, le compromis confort / tenue de route est acceptable. La prise de roulis est pourtant inévitable, malgré les suspensions retravaillées et les amortisseurs plus fermes. Avec plus de 2,2 tonnes sur la balance, l’agilité est loin d’être le fort de ce SUV bodybuildé, qui ne rassure pas son conducteur en enchaînement de virages : heureusement que l’ESP veille au grain et que la transmission intégrale ménage une motricité rarement prise en défaut. La grosse étoile filante préfère une conduite coulée, réservant la fougue de son V8 pour la ligne droite ou les larges courbes autoroutières. Dommage, mais sa position de précurseur pâtit d’un châssis pas vraiment abouti. Les freins jouent dans le même registre : suffisamment puissants mais leur endurance fera défaut dès que les sollicitations se feront trop fortes. Le ML 55 AMG n’est pas conçu pour être mené les couteau entre les dents…

On oubliera vite ses griefs au vu du caractère de l’engin… Tout d’abord, rares sont les véhicules proposés à ce prix qui prodiguent un tel agrément moteur : sonorité, rage à monter dans les tours, et des performances encore largement d’actualité malgré un embonpoint considérable. C’est une Walkyrie mécanique qui se joue sous le capot de l’imposant sumotori germanique… Pensez : 6,9 s pour le 0 à 100 et 232 km/h en pointe, le tout dans un concert de joyeux gargouillis typiques de cette architecture moteur. Succès garanti outre-Atlantique…

Pour ce faire, les ingénieurs AMG sont partis d’une base connue : le V8 5 litres présent sur la S 500, réalésé à 5,4 litres et pourvu d’arbres à cames et d’injecteurs retravaillés. La puissance s’établit désormais à 347 ch pour un couple maximal de 52 mkg à 2800 trs/mn. Coupleux à souhait, il est hélas associé à une transmission aujourd’hui dépassée : sa boîte automatique 5 rapports brille plus par sa douceur que par sa réactivité, mais a le mérite de proposer un réducteur pour qui désirerait s’aventurer en tout-chemin. Les performances ne souffrent pourtant pas trop de sa mollesse compte tenu de l’allonge du fabuleux V8 AMG : les relances tiennent le haut du pavé ( 5,3 s pour le 80 à 120 ), même en charge. Idéal pour tracter, même s’il serait dommage d’infliger une inutile fatigue à ce moteur.

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