Guide d’achat occasion : Chevrolet Corvette C5

Publié par Antoine Arnoux le 29 avril 2008

En 1997, La Corvette C5 parachève le renouveau de la mythique sportive US. Nettement plus aboutie, elle met un terme à la ( longue ) carrière de la C4. Fiable et bien équipée, elle constitue une alternative séduisante à ses rivales européennes. Avec à la clé un agrément de conduite exceptionnel.

La Corvette, c’est l’héritage d’une lignée légendaire remontant aux années 50. L’ère des muscle-cars, des V8 aux cylindrées généreuses et des tenues de route approximatives… Quatre décennies plus tard, la cinquième génération de Corvette a su faire évoluer ces traits de caractère tout en préservant son authenticité d’américaine pur jus. Ainsi, le V8 5666 cc reste fidèle à une architecture archaïque : 2 soupapes par cylindre, un seul arbre central… Comme tout bon V8 yankee, le bloc culbuté LS1 tout alliage affiche sa bonne santé dès les bas régimes : ses 480 Nm sont disponibles à partir de 3500 trs/mn, et la puissance culmine à 345 ch. Rien de transcendant question rendement, mais de quoi garantir des performances de premier plan, compte tenu du poids contenu ( 1470 kg, soit 30 kg de moins que sa devancière ) : le chronomètre est au beau fixe, avec 5,9s pour atteindre 100 km/h, 24,4s pour le 1000 m D.A et 274 km/h en pointe ( 256 km/h en automatique ). Exercices accomplis dans une ambiance sonore d’outre-tombe, surtout une fois le toit amovible retiré ( Targa ). Bien qu’en retrait d’une 996 Carrera sur le plan dynamique, le charme opère et l’agrément de conduite est bien présent.

D’autant que chaque nouvelle génération de Corvette s’accompagne de gros progrès en matière de comportement routier. Un gouffre la sépare de la C4, conçue en… 1984! Ici, le châssis recourt à l’aluminium et fait preuve d’une excellente rigidité, même en cabriolet. Les suspensions avant et arrière à double triangulation contribuent à la stabilité de la Corvette. Bien que moins rigoureux que d’autres sportives européennes, le coupé de Detroit est sain et sécurisant. Le train arrière réservera toutefois quelques surprises à l’apprenti pilote trop pressé de ré-accélérer en sortie de courbe. Seul point noir, l’amortissement se révèle trop souple dès que la route commence à tourner. Il est vrai qu’avec son gabarit, l’agilité n’est pas son fort. La Corvette préfère les grands espaces, voire un peu de circuit, pourquoi pas. Le freinage ( quatre disques ventilés de 305 mm ) est désormais endurant et permet d’attaquer sans arrière-pensée. A noter que le millésime 2000 voit l’apparition de l’ESP. Depuis 1998, la transmission est confiée à une boîte manuelle 6 rapports, précise et à l’étagement idéal. Il est préférable d’éviter la transmission automatique 4 rapports héritée de la Corvette C4, plûtot lente et générant des à-coups sur certains modèles, ainsi qu’une consommation accrue d’1,5 l environ.

Au quotidien

Bien que n’offrant que deux places, la C5 sait recevoir : l’habitacle est spacieux et les sièges offrent un excellent maintien en restant confortables. Le coffre propose un volume de chargement exceptionnel pour une GT. Même si des progrès ont été accomplis depuis la C4 et sa finition très eighties, la qualité de réalisation est en retrait des standards européens. Des ajustements sur les contre-portes sont approximatifs et certains plastiques de console centrale présentent un aspect peu valorisant. Ceci dit, cette américaine est très agréable à vivre. Le confort de roulement est honorable, la position de conduite irréprochable, et l’équipement regorge d’attentions high-tech : affichage tête haute sur le pare-brise ( optionnel jusqu’en 2000 ), capteur de pression des pneus ( rare, pour l’époque ), ordinateur de bord complet, installation audio Bose. Les essentiels sont de mise, avec climatisation auto bi-zone, sièges électriques à mémoire, vitres et rétros électriques, 4 airbags…

Fiabilité et coût d’usage

Attention à la fiabilité des accessoires électriques : il est impératif de vérifier toutes les fonctions, le coût de certaines pièces pouvant s’avérer problématique. Au niveau mécanique, la robustesse du V8 LS1 lui permet d’engranger les kilomètres sans histoire, pour peu que le suivi ait été respecté. Les seuls problèmes rencontrés concernent quelques cas isolés de calculateur défectueux pouvant générer une instabilité du ralenti ( une reprogrammation est nécessaire ), ainsi qu’un défaut électronique de blocage de colonne de direction. Un rappel a eu lieu en 2004 afin de résoudre ce dernier point, à vérifier avant l’achat.

Comptez une vidange tous les 15 000 km, avec une huile d’indice 5W30 de préférence. L’entretien se trouve facilité par l’architecture simple du moteur, d’où des temps d’intervention relativement réduits. Le coût d’entretien reste raisonnable : comptez une révision complète tous les 30 000 km, facturée entre 700 € et 800 € dans le réseau. Mieux vaut rester fidèle aux ateliers agréés, quitte à parcourir plusieurs kilomètres supplémentaires. Tant que le véhicule n’a pas été maltraité, l’embrayage est endurant, comme l’ensemble des pièces d’usure. Les pneumatiques peuvent largement tenir 40 000 km. Heureusement, car les Goodyear Eagle Extended Mobility ( roulage à plat ) sont onéreux : environ 400 € un train de pneus avant en 245/45/17, et 750 € pour les 275/40/18 du train arrière. Les plaquettes s’usent relativement vite, mais restent à un prix correct ( 150 € la paire avant, 120 € pour l’arrière ). Et pour la consommation, les derniers a priori s’envolent définitivement : en conduite normale sur route, la Corvette C5 ne demande pas plus de 11 l/100 km, pour une consommation moyenne de 13,5 l/100 km environ. Bien sûr, le V8 engloutira près de 22 l/100 km avec une semelle de plomb.

Pour 30 / 32 000 €, un exemplaire de 2000 en parfait état n’est pas difficile à dénicher, pour un kilométrage inférieur à 80 000 km ( pour le cabriolet, comptez environ 2000 € supplémentaires ) : cette américaine fiable et bien née présente un rapport prix/prestations particulièrement alléchant. Lors de vos recherches, l’état général du véhicule doit primer sur le kilométrage : une Corvette soignée peut allègrement dépasser le cap des 200 000 km. Parmi les recommandations d’usage, l’historique du véhicule convoité ne devra comporter aucune zone d’ombre.

A voir : Corvette d’occasion

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