Ancienne de la semaine : Morgan Plus 4

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Publié par Sylvain Charbit le 13 septembre 2010

L’arrivée du modèle Plus 4 marque pour Morgan le début d’une longue tradition d’élégance et de sportivité. Ayant à l’époque définitivement écarté ses traditionnels trois-roues, le constructeur britannique frappe fort et sonne le tocsin afin de clamer haut et fort que oui : les concurrents sont en péril.

Mythique créateur des trois-roues anglais ciblant un public plutôt modeste, Morgan se voit infliger un coup dur en 1935 lorsque le gouvernement réduit l’avantage fiscal de ces véhicules low-cost. Mais il en fallait plus à la croix ailée pour jeter l’éponge.

C’est ainsi qu’apparait le modèle 4/4 l’année suivante comme une sorte de revanche sur le destin ; un cabriolet de grande tenue aux roues énormes qui reprend certaines courbes caractéristiques des productions antérieures. Celui-ci sera provisoirement retiré du marché à cause de l’arrêt de la fabrication du bloc 1.3l et remplacé par le véhicule qui nous intéresse aujourd’hui : la Morgan Plus 4.

La présentation officielle a lieu au salon d’Earls Court à Londres, durant le mois d’octobre 1950. Elle symbolise l’entrée de la marque de Malvern sur un tout terrain : il s’agit en effet d’une véritable sportive. Sa particularité première tient à son poids plume combiné à une motorisation relativement puissante. Dotée d’un bloc quatre cylindres Vanguard de 2.0l pour 68 ch, cette deux portes s’équipe d’une boîte de vitesses Moss et dispose d’une ligne grandement inspirée par son aînée.

Une calandre ovale fixée sur un nez particulièrement allongé, la classique grille d’aération sur le côté en plus de passages de roue plus prononcés. Les trois phares avant détachés de la structure lui donnent un air « insectoïde » du meilleur effet. Tout cela vient se poser sur un châssis renforcé qui conclut ce sympathique tableau.

Elle parcourra les terres durant quatre années avant d’accueillir une nouvelle version. Au programme : l’adoption du quatre cylindres de 1993 cm3 pour 90 ch. Issu de la Triumph TR2, cette évolution permet à la Plus 4 d’atteindre les 160 km/h. Niveau design, on retrouve un bouclier avant redessiné qui délaisse les angles au profit d’arrondis, avec de plus une intégration partielle des phares à la coque.

Elle continuera alors de se décliner d’années en années, conservant une plastique quasi conforme au modèle de 1954 tout en changeant régulièrement de motorisation. Ainsi deux ans plus tard elle reçoit le moteur de la TR3 et en 1959 de nouveaux freins Girling prennent place. Une variante « Super Sport » sort d’usine en 1961 et remporte même un prix aux 24h du Mans l’année suivante grâce à une puissance portée à 120 ch.

Disponible encore de nos jours, la Morgan Plus 4 n’a rien oublié de ses racines et a apporté au constructeur une partie de sa renommée actuelle. Légère et musclée, la Four manie  l’élégance avec brio pour ne laisser aux autres marques que détresse et désespoir… Cela est certes un tantinet exagéré, mais tout de même.

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