L’auto du renouveau. Saab revient de loin, et la 9-5 en est l’illustration. Elle aura pour tâche de relancer l’image de la marque, en remplaçant une antédiluvienne devancière. Au sommet de la gamme, le V6 2.8 T de 300 ch qui nous intéresse aujourd’hui. Après un début de carrière épique…
Introduction vidéo de la nouvelle Saab 9-5 2010 :
Finalement, nous aurons réussi à lui faire prendre la route. Pourtant, après sa présentation statique voilà plus d’un an, le lancement de la 9-5 a été pour le moins mouvementé. Avant la reprise de Saab par le néerlandais Spyker, la question de la cessation d’activité semblait toute proche pour la marque suédoise.
Dans un contexte aujourd’hui plus apaisé, en repartant « comme une start-up » selon les mots de M. Van der Meulen, président de Saab France, la nouvelle 9-5 fait enfin ses premières armes sur le marché. Beaucoup de choses restent à construire, à commencer par une gamme à refondre en intégralité et à élargir : outre la vieillissante 9-3, la 9-5 est la seul offre du catalogue.
L’accès à la banque d’organes GM est assuré contractuellement jusqu’en 2026. De quoi assurer une remise sur pieds sereinement, mais sans marge pour la moindre fausse note commerciale. Même si elle n’a pas l’ambition de dépasser le stade d’outsider sur l’impitoyable segment des grandes routières, la nouvelle 9-5 devra plaire et aura pour tâche essentielle de relancer le blason Saab. Face à sa devancière, la tâche devrait être simple : elle remplace une obsolète berline de 13 ans d’âge, tout en reconduisant l’esprit qui a fait sa renommée auprès des Saabistes. Plus que jamais : les amateurs de cette inspiration aéronautique typique de la marque ne devraient pas être dépaysés. Avant d’aller séduire les clients de la concurrence, il s’agit de reconquérir son public initial.
Promis, nous essaierons d’éviter les poncifs habituellement associés à la marque suédoise. Atypique, voiture de spécialiste… Non, prenons la nouvelle 9-5 à l’aune de ses qualités intrinsèques. Et pourtant, dur de ne pas se laisser accaparer par son style si particulier. En bien ou en mal d’ailleurs, tant les recours stylistiques sont peu communs. Face à elle, une allemande paraît bien conventionnelle.
Premier signe, les montants A noirs, chargés d’alléger la silhouette pourtant massive à souhait et surtout donner une impression de cockpit, renforcé par les montants C très épais et ce toit curieusement incliné vers l’arrière, où un bandeau lumineux fait la jonction entre les blocs optiques. Sur cette finition Aero, les jantes de 19 p adoptent un dessin façon turbine de réacteur et l’imposante calandre en trapèze provient directement du concept Aero X, spectaculaire étude présentée à Paris en 2008.
Ces éléments mis bout à bout, associés à cet imposant profil bien rempli et curieusement lisse, comme un fuselage, font de la 9-5 une créature qui se remarque… On pestera parfois sur quelques concessions du pratique au style : la lunette arrière, presque dans le prolongement, nuit hélas à la visibilité par sa forte inclinaison.
De faux airs de Cessna, qui se confirmeront à bord. Signe des temps, point de clef sur le tunnel central, remplacée par un bouton Start/Stop… Juste sous les yeux de pilote, l’affichage tête haute HUD ( pack Pilote, 1500 € ) affiche un bimoteur de face en guise de bienvenue.
















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