Sans doute la plus discrète de la gamme Ferrari actuelle. Pas seulement par son « grand âge », même si elle remonte tout de même à 2004, mais surtout par son rôle de grande GT bourgeoise au sein de la gamme. Aujourd’hui, le remplacement de la 612 Scaglietti approche. Avec à la clef un marché de l’occasion qui risque de se dynamiser à compter de l’an prochain.
Ferrari 612 Scaglietti en vidéo :
Avant toute chose, coupons court : la 612 Scaglietti n’est pas une sportive, mais fait partie de ces Ferrari aristocrates, loin des berlinettes à V8 central. Ici, nous avons affaire à la définition la plus noble qui soit d’une GT : un grand coupé 2+2, mu par un V12 en position centrale avant. L’héritière de la 456 GT reconduit une recette des plus classiques, comme son design. C’est justement à ce sujet qu’elle est parfois oubliée, en pleine vague de grand spectacle chez Ferrari. Dans la foulée sont arrivées les 599 GTB Fiorano et F430…
Rien de tout cela avec la 612, trop grande et trop lourde pour être réellement agile, malgré sa carrosserie et sa structure spaceframe en aluminium ( 1840 kg ). Pourtant, sa répartition des masses de 46/54 pour l’arrière est digne d’un berlinette, grâce à son architecture Transaxle ( moteur central avant, boite de vitesses devant l’essieu arrière ) et la rigidité torsionnelle a progressé de 60 %. Tout cela prodigue à la 612 une maestria routière remarquable, sans en faire une bête de circuit.
Pour l’anecdote, deux exemplaires à peine adaptés à de conditions hostiles ont participé à l’étrange expédition « Magic India », boucle de 11 000 km au départ de Mumbai accomplie en 2008. Opération endurance et fiabilité…
Finie également l’ancienne boite automatique héritée de la 456 GT, place à la fameuse boite robotisée F1, infiniment plus rapide. À son lancement, la 612 Scaglietti confirme l’entrée massive de l’électronique chez Ferrari : elle est la première du Cavallino à recevoir un ESP, couplant contrôle de stabilité et de motricité. L’amortissement est confié à une suspension pilotée offrant deux modes, Normal et Sport. Globalement, l’avalanche technologique assez rare sur une Ferrari a fait de la 612 l’une des Ferrari les plus « faciles » à mener. Sans doute ce qui a causé son désaveu de la part de certains tifosi.
Son V12 reste pourtant l’une des plus belles mécaniques Ferrari jamais réalisées : dérivé de la 575M, il conserve la même cylindrée ( 5748 cc, lui même issu du V12 réalésé de la 550 et donc… de la 456 ) mais la puissance grimpe légèrement ( 540 ch, contre 515 ). Cette configuration est la même que sur l’éphémère 575 Superamerica. Le couple maxi, identique, s’établit à 590 Nm à 52520 trs/mn. Suffisamment plein pour progresser sur un filet de gaz…
Le désormais célèbre « coup de cuillère » latéral inspiré de la 375 MM de 1954, qui creuse ses flancs, est un de ses signes identitaires. Pour le reste, c’est du Pininfarina en concentré. Finesse, équilibre de ce profil au poste de conduite reculé, et large faciès grillagé. Discrète, elle ne fait appel à aucun effet de style particulier. Son pouvoir de séduction, elle le tire de ses proportions.
Elle semble toutefois plus pataude que sa devancière 456 GT. Impression sans doute liée à son empattement démesuré ( 2,95 m ). La poupe est des plus classiques : les quatre petits feux ronds, on trouvait déjà ce motif sur la 456 GT ( inscrits en ovale ) et 550 Maranello.














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