Alfa s’égare, dit-on. Le propos est sévère mais vient surtout des intégristes de la marque. A relativiser donc, même si ils composent une importante proportion de la clientèle du Biscione. L’objectif d’Alfa Romeo, c’est le retour en grâce. Avec pour arme un nouveau bloc essence suralimenté : le 1750 TBI, aujourd’hui jugé à ciel ouvert.
Benzina, Acqua, plus le petit manomètre du turbo… Les trois cadrans ronds au sommet de la console centrale, orientée vers le conducteur, donnent le ton. Dur de ne pas sombrer dans les lieux communs en parlant des productions transalpines! Le roadster milanais joue à fond sa carte de visite italienne : teinte Rosso Alfa, jantes inspirées de la 8C Competizione, calandre proéminente…
Contrairement à la berline 159 dont elle reprend la face avant, sa ligne est signée Pininfarina et non pas Giugiaro. C’est l’un des rares roadsters à conserver une certaine élégance capote en place. Son profil reste fluide, un sentiment certainement dû à son capot plongeant « Low Style » ( très bas et descendant, instauré par les 156 ) et à sa malle de coffre intégrant un léger spoiler. Subtil, mais vulnérable : l’absence totale de protections de carrosserie rendra les parcours urbains problématiques. L’indispensable radar de recul est heureusement fourni de série.
Pour l’habitacle, il faut s’imaginer une fresque de Boticelli tendance New Age. Maladroit diront les adeptes de l’harmonie germanique, avec ce curieux mélange high-tech/rétro, pas assez uniforme pour être réellement né-rétro. Les inserts carbone de notre modèle accentuent ce sentiment de joyeux fouillis.
Dès les premiers instants, l’Alfa nous joue l’empire des sens et l’on a vite fait de tomber dans l’émotionnel : l’odeur du cuir Poltrona Frau de sellerie, au passage d’une qualité de réalisation remarquable, y est pour beaucoup. Qualité générale flatteuse, par ailleurs : le temps des Alfa en fantastique plastique assemblé avec les pieds est heureusement terminé.
Installation à bord. Trop haute, la position de conduite, dès que l’on mesure plus d’1,80m. Pourtant, on trouve assez facilement sa posture idéale. Une Alfa est construite autour du conducteur : volant et levier de vitesse sont à une distance optimale du centre névralgique de l’auto. Aujourd’hui en l’occurrence, votre serviteur.
Avec un bémol : l’accoudoir de porte, trop bas, impose deux positions : les deux mains sur le volant, prêt à en découdre, ou le coude à la portière. Avec ce que nous verrons par la suite, c’est cette dernière qui remportera nos suffrages…
Celui qui parcourt ne serait-ce que quelques kilomètres en Alfa s’en aperçoit tout de suite : il s’agit d’une conception à part du plaisir automobile, où le rationnel est souvent secondaire. On ne pousse pas la porte du Quadrifoglio par hasard.
Suite de l’essai Alfa Romeo Spider et galerie photos en pages suivantes













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