Essai Maserati Quattroporte Sport GTS : choeur de maître

Publié par Antoine Arnoux le 1 décembre 2010

Sans le savoir, en se dirigeant vers le rendez-vous où nous attendait notre Quattroporte Sport GTS, c’était comme se rendre à une représentation d’art total. La berline Maserati a tout misé sur la fibre émotionnelle. Magistralement déraisonnable.

Essai Maserati Quattroporte Sport GTS en vidéo :

Le parallèle avec l’opéra est facile. Et si il fallait retenir une œuvre pour résumer l’expérience, on pense à l’Orfeo de Monteverdi. L’un des premiers opéras, marquant la frontière musicale entre Renaissance et période baroque.

Entre vocalises soignées et soin de la mise en scène, la Quattroporte cultive la grandiloquence, tout en finesse : pour certains ce paradoxe s’appelle… la majesté. On a du mal à se rendre compte, avec son profil élancé que la grande Maserati est aussi longue ( 5097 mm ) qu’une Classe S ou qu’une Série 7.

Court porte-à-faux avant, galbes prononcés et calandre ovale béante, typique du Trident qu’elle arbore ostensiblement, forment un étrange cocktail de dynamisme extravagant pour cette imposante berline. Finesse certes, mais pas vraiment de retenue : une foule de signes truculents trahissent le grain de folie qui fait sa personnalité. Tridents sur les montants C, triples ouïes latérales…

Notre modèle Sport GTS, sommet de la gamme et version sportive de la Quattroporte, gagne encore en présence par quelques indices. Calandre concave, regard affirmé par des optiques assombris, colossales jantes de 20″. Et puis, elle repose plus bas ( 10 et 25 mm av/ar ).

Avant de prendre la route de la Normandie et la direction du golf du Vaudreuil ( qui a eu l’amabilité de nous accueillir ), le responsable Maserati nous conseille de n’activer le mode Sport qu’en dehors des agglomérations, sans m’en dire plus, avec un sourire entendu.

Il paraît que le V8 Maserati a une sacrée sonorité, mais tout de même. Effectivement : le démarrage est rauque, ponctué d’une montée rageuse, puis redescend dans un registre plus feutré. De sa voix de basse, il emmène la Quattroporte tout en restant plutôt discret. C’est déjà pas mal, et après quelques tours de roues en ville pour rejoindre les grands axes, c’est le moment de transgresser : d’une pression sur le boutons Sport en haut de la console centrale, on passe à autre chose.

Incroyable. Qu’une berline aussi élégante et bourgeoise puisse se mettre dans des états pareils, c’est du jamais vu. Bien sûr, les chiffres sont en retrait de ses rivales Mercedes AMG et autres Audi RS, mais quelle voix! Grave, envahissant, le grondement se répercute sur les façades d’immeubles et annonce notre arrivée, très loin à l’avance. Les passants s’arrêtent, les cous se tordent, éberlués. Bizarre, l’hostilité habituellement réservée aux véhicules de ce rang est absente. Sans doute l’effet de surprise auprès du quidam. Et puis, une inoffensive berline…

Haute couture : apparue en 2004 et légèrement restylée en 2008, l’actuelle Quattroporte doit sa ligne à Pininfarina.

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