On l’oublie parfois, la légitimité de Maserati sur le segment des grandes GT nobles est plutôt récente. Avant les Granturismo et Quattroporte que nous vous présentions il y a peu, le renouveau de la marque au Trident a commencé avec la 3200 GT. Découverte.
Pour comprendre cet élégant coupé au design aujourd’hui un peu daté, il faut se remettre dans le contexte de l’époque, celui d’une nouvelle ère pour Maserati. Le constructeur de Modène fait partie de ces marques au passé houleux, alternant périodes de succès commerciaux florissants et années moroses. Divers problèmes de gestion ont mené aux années noires de la marque, de la fin des années 60 jusqu’à la reprise par Fiat en 1987. Entre temps se sont succédés aux commandes de l’entreprise Citroën, De Tomaso et Chrysler.
Ce n’est qu’en 1997 que le groupe italien décide de fusionner Maserati et Ferrari, dans le but de créer un pôle haut de gamme réellement compétitif en terme de qualité et de fiabilité. La 3200 GT en est la première application : sur le plan technique et esthétique, il s’agit de la Maserati du renouveau.
Renouveau, voire révolution côté design : terminées, le lignes taillées à la serpe des Ghibli II et Shamal remplacées par les galbes signés Giugiaro-Italdesign de la 3200 GT. Toujours un coupé tricorps certes, mais nettement plus fluide, tout en revisitant les codes visuels de la marque. Comprenez par là un profil classique, élégant et moins sportif que ses cousines de Maranello. Le long capot et la poupe ramassée apportent cependant un soupçon de dynamisme. Musculeuse mais retenue, l’italienne…
La principale originalité a fait couler beaucoup d’encre en son temps : les feux arrière « boomerang » à Leds, procédé de style inédit qui faisait toute la personnalité de la 3200 GT… et aujourd’hui généralisé à outrance sur la plupart des sportives!
Pour la Maserati, la seule justification était une plus grande liberté dans le travail des designers et un éclairage accru. La calandre ovale chromée, imposante sans être aussi protubérante qu’aujourd’hui, reprend le motif en pointe vers le bas, surmontant l’imposant Trident dessiné en 1914 par le benjamin de la fratrie Maserati, Mario, artiste de son état.
L’attrait est toujours vivace, malgré des lignes aujourd’hui timides par rapport à l’exubérante GranTurismo qui a remplacé la 4200 GT ( évolution de la 3200 ) en 2007.
Quoi qu’il en soit, ce type de découverte fait plaisir : pour une fois, avec les points de référence que nous avons actuellement, on ne tombera pas dans la dithyrambe qui tend à se généraliser lorsque l’on parle de Grand Tourisme. Simplement parce que celle que nous emmenons en ballade ne cache pas quelques imperfections, liées à sa conception remontant tout de même à la fin du siècle dernier. Autant dire à l’antiquité automobile tardive en étant un peu sévères…
















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