Bentley Arnage : guide d’achat occasion

Publié par Antoine Arnoux le 22 février 2011

Avant l’arrivée de la Mulsanne fin 2009, l’emblématique porte-drapeau Bentley s’appelait Arnage. Une référence à l’histoire du B ailé au Mans, et à celle des Bentley Boys. Franchir le pas pour frôler le mythe est aujourd’hui possible, en gardant quelques principes à l’esprit.

L’Arnage a tout de même connu onze ans de carrière, officiant comme porte-drapeau au cours d’une période mouvementée pour Bentley. Développée avant le rachat à Vickers par le groupe Volkswagen, la grande anglaise est à la croisée de deux univers : celui de la tradition du B ailé, et de l’entrée dans l’ère moderne.

Par ses lignes déjà, aujourd’hui surannées si on la compare à la toute récente et grandiose Mulsanne, mais qui modernisaient les anciennes Mulsanne et Brooklands ( rien à voir avec le coupé ) qui lui ont précédé. L’esprit reste très classique, avec un profil à la poupe plongeante et toujours l’immuable calandre grillagée, encadrée de double optiques rondes.

Peu d’évolutions stylistiques sont intervenues, hormis une nouvelle calandre inspirée de la Continental GT en 2002 et quelques détails visuels ( pour les jantes et les optiques, dont la glace de protection partagée avec la Silver Seraph disparaît ). Notons l’arrivée, en 2001, d’une version à empattement long ( + 25 cm ).

Sœur jumelle de la Rolls Royce Silver Seraph, sa carrière est complexe. BMW avait commencé, juste avant la prise de contrôle par le groupe Volkswagen, à fournir leurs motorisations. Sauf qu’au lieu du V12 issu de la 750i, BMW avait doté la Bentley d’un V8 4,4 litres biturbo de 354 ch, retravaillé par les motoristes de chez Cosworth.

C’était la première fois qu’un moteur conçu et assemblé hors des murd de Crewe était monté sur une Bentley. Vécu comme un sacrilège par les puristes, ce bloc ne reste pas longtemps seul au catalogue. En 1999, le V8 « 6 trois-quarts » culbuté qui fait la renommée de la marque depuis les années 50 ( après de multiples évolutions évidemment ) est de retour, sur une version plus turbulente baptisée Red Label, forte de 406 ch.

Bentley maintient toutefois le V8 BMW sur l’entrée de gamme de l’Arnage, pour le coup rebaptisée Green Label. Pour les premières générations d’Arnage, ce moteur se montre plus efficace : moins coupleux que le colossal 6 ¾ à 12 soupapes et simple turbo, mais plus vif à monter en régimes et mieux équilibré, il correspond mieux à la définition de la grande britannique, malgré ses origines plus roturières. À peine plus performante, la Red Label remporte néanmoins le titre de limousine la plus rapide de son temps ( 0 à 100 km/h en 6,3 s, vitesse maxi annoncée à 250 km/h ).

Le moteur BMW connait une carrière éphémère, et seul le V8 6 ¾, « l’authentique », reste en lice à partir de 2000. Ce bloc est largement remanié en 2002 avec l’adoption d’une injection plus moderne ( Bosch Motronic ME7 ), et on retrouve la division en deux versions : R et T ( deux turbocompresseurs sur cette dernière ), de respectivement 405 et 450 ch. Cette date marque également les débuts de l’ESP sur l’Arnage.

Une autre étape vers la modernisation intervient peu après, avec le remplacement de la boite 4 rapports GM par une transmission ZF 6 rapports plus rapide. En 2007, le V8 adopte de nouveaux turbos et la puissance des deux versions passe à 450 et 507 ch. L’Arnage a toujours fait figure de pionnière parmi les limousines survoltées…

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