Plus originale que ses rivales germaniques, la Jaguar XF est un choix intéressant en occasion à condition de choisir sa version. D’une motorisation à l’autre, elle offre le jour et la nuit en agrément et en fiabilité.
Première Jaguar produite sous l’égide de l’indien Tata Motors, la XF illustre la rupture stylistique entreprise chez le constructeur de Coventry depuis quelques années. La vénérable firme britannique, en remplaçant la S-Type par cette nouvelle grande routière au regard si particulier, a progressivement abandonné le néo-rétro qui faisait son identité. Depuis, même la XJ a adopté ces nouveaux traits.
Ce design, justement, en a dérouté plus d’un : fini, le style conservateur qui avait cours jusqu’alors. Place à un profil élancé, une ligne de toit plongeante et un pavillon très bas qui la feraient presque passer pour un coupé-4 portes façon CLS.
La clientèle traditionnelle a tiqué sur ces optiques avant, étrangement globuleux, encadrant une calandre rectangulaire héritée du concept C-XF ( 2006 ). De celui-ci, elle reprend également le capot nervuré. Ce sera la seule réminiscence de la félinité des productions Jaguar. De trois-quart arrière, la patte de Ian Callum, anciennement chez Aston Martin, est visible dans la découpe des feux arrière.
Au risque de s’attirer les foudres d’une frange du public, il s’agissait de plaire au plus grand nombre et d’opposer une concurrence crédible aux trio allemand habituel. Face aux Mercedes Classe E, BMW Série 5 et Audi A6, la XF reste encore un outsider. Les progrès ont pourtant été flagrants, tant en terme de qualités routières que de contenu technologique. Un peu plus de 150 000 exemplaires ont tout de même été produits depuis sa mise en circulation en 2008.
L’offre en occasion commence à être importante, et le restylage approchant à grands pas ( fin 2011 ) devrait encore faire diminuer les prix pratiqués sur le marché. La relative désaffection dont elle souffre en seconde main permet déjà de réaliser de bonnes affaires.
Fruit de la collaboration entre Ford et PSA, le V6 2.7 diesel biturbo est révélateur de la politique de Jaguar pour la XF : faire du volume. Fort de 207 ch et agréable pour un diesel, il dénote par son caractère avec ce que l’on attend d’une Jaguar. Ce bloc a aujourd’hui disparu, remplacé par un nouveau 3 litres de 240 ch, et 275 ch et 600 Nm pour la XF-S. Cette dernière, par ses performances et son onctuosité, est à recommander pour les gros rouleurs.
Sinon, l’offre essence est suffisamment large pour éviter le diesel. En entrée de gamme, on trouve un V6 3 litres de 238 ch. Séduisant sur le papier, mais banal côté performances pour cette lourde propulsion de près de 1700 kg. Les V8 sont à privilégier, si le budget d’achat et surtout d’usage quotidien vous le permettent. Jusqu’en 2009, c’est le 4,2 l datant de l’ère Ford qui officie en haut du catalogue. Disponible en deux niveaux de puissance, il dispense 300 ch en version atmosphérique et 416 ch sur la version à compresseur SV8.
Le nouveau V8 5 litres apparaît en 2009 : sans aller jusqu’à la tonitruante XF-R de 510 ch, la version atmosphérique de 385 ch suffit déjà à offrir de belles performances à la XF ( 0 à 100 en 5,7 s, 250 km/h en pointe ), avec une musicalité rageuse et raffinée en prime… Il s’agit sans doute de la version offrant le meilleur compromis entre agrément, coût d’usage et prix d’achat.














