Si Phileas Fogg se lançait dans un périple routier, le choix du moyen de locomotion demanderait réflexion. Sans pousser jusqu’à un tour du monde en 80 jours, le gentleman voyageur mettrait peut être à l’épreuve une certaine Jaguar XJ pour parcourir l’Europe…
Un dandy sort sa montre à gousset de sa redingote, une Bréguet ou Blancpain peut-être, puis parcourt le parvis du Reform Club du regard. La brume recouvre encore les pavés, il est 6 h du matin. Sereinement, la Jaguar ronronne au ralenti, les premières lueurs du jour caressent sa nuit d’encre.
L’heure tourne, il faudra bientôt prendre la route… Voilà à quoi pourrait ressembler le premier contact avec notre Jaguar XJ V8 Supercharged, le vaisseau transcontinental de l’expédition.
Il a fallu faire vite : suite à un nouveau pari farfelu ( traverser l’Europe et rejoindre le lac de Côme par la route, par les temps qui courent… ), trouver un véhicule s’imposait. Pas question d’imiter le Bentley Boy Barnato qui s’amusait à faire la course avec le Train Bleu dans les années 30, Fogg veut se démarquer de la gentry qui préfère le B ailé.
Aston Martin? Trop sportif pour un voyage au long cours, et rester fidèle à la Couronne est impératif. Le choix se porte sur une Jaguar XJ, apparue en 2009 avec fracas. En l’occurrence une version Supercharged de 510 ch.
On pouvait s’en douter : le choix de la monture a valu à l’aventurier quelques réactions de rejet de la part des membres de son club. La Jaguar XJ n’a désormais plus grand-chose à voir avec les berlines conservatrices dont l’esprit suranné était resté le même depuis la première XJ de la lignée, en 1968. Le bouleversement du style Jaguar est passé par un coup de crayon radicalement différent, signé Ian Callum, qui a un temps officié pour Aston Martin.
L’étrange regard effilé et le profil élancé de cette imposante berline ont gêné les plus conservateurs, mais peu importe finalement : il s’agissait de faire preuve d’audace pour se faire une place parmi les ténors germaniques qui monopolisent le segment des reines autoroutières. A fortiori lorsqu’il s’agit de limousines de Très Grand Tourisme, un gène indissociable de l’identité Jaguar. Infiniment plus contemporaine, la XJ septième du nom…
Passés les premiers quolibets des doyens du Reform Club, pleuvent les critiques des détracteurs de l’aventure. Les conditions politiques et économiques ne s’y prêtent pas, entre le budget conséquent à allouer au ravitaillement ces derniers temps et la répression croissante à l’égard des voyageurs au long cours en Europe continentale, surtout chez les froggies voisins. Mais il est des détails dont le gentleman n’a cure… La XJ lui servira de pied-de-nez roulant.















Droits de reproduction et de diffusion réservés © M6 WEB 2012