On le sait, Maybach fait partie de ces marques reconstruites de toutes pièces par la volonté d’un grand groupe. Avant que Daimler ne s’y attelle en 1999, pas grand chose ne restait des heures de gloire du constructeur. Pleins phares sur celle qui a initié cette aura en 1921, la W3.
Nous le disions lors de notre essai du coupé 57S Xenatec, l’image et la notoriété de Maybach n’ont plus rien à voir avec ce que la marque connaissait à ses débuts dans les années 20. Aux yeux de l’élite des automobilistes de l’époque, la firme allemande installée à Friedrichshafen, près du lac de Constance, jouait dans la même cour que les Rolls Royce et Bugatti. Sans doute Maybach est-il trop longtemps resté en sommeil après la Seconde Guerre Mondiale. Aujourd’hui, on oublie l’excellence des productions de l’époque et les limousines 57 et 62 passent pour des Classe S améliorées.
Rien à voir en tout cas avec les débuts du constructeur dans la sphère automobile, en 1921.
La W3, premier modèle fabriqué en « série » de la marque, est pourtant née d’une période trouble. L’essentiel de l’activité de Maybach étant essentiellement consacrée aux moteurs de dirigeables Zeppelin, le traité de Versailles et l’interdiction et l’Allemagne de fabriquer ces aéronefs impose une reconversion au constructeur.
Rebaptisée Maybach Motorenbau, l’entreprise développe rapidement un véhicule expérimental, la W1, puis propose la W3 deux ans plus tard au salon de Berlin.
Également nommée 22/70 en référence à sa puissance, la W3 recevait quelques raffinements inédits pour l’époque : quatre freins ( ! ), ainsi qu’une transmission à deux rapports sans levier, opérés par un système au pédalier. Orienté gentleman driver, l’engin a acquis sa renommée grâce à sa motorisation, illustration du savoir-faire acquis par Maybach dans les airs. Fiabilité, douceur de fonctionnement et… performances : même si aujourd’hui, on fait mieux en terme de rendement ( 70 ch pour un 6 en ligne de 5,4 litres! ), la W3 permettait tout de même de croiser à 110 km/h.
Au total, 305 unités du châssis de la W3 furent produits. L’exécution la plus connue est l’imposante berline ( environ 5 m ), mais une version ouverte et un roadster ont également vu le jour au cours de sa carrière ( 1921-1928 ), carrossés par les grands noms de la carrosserie de l’époque, et notamment Spohn, de Ravensburg.
La W3 marque le début d’un âge d’or de l’industrie automobile allemande. Alors que Mercedes tiendra le haut de l’affiche des sportives de haut rang avec la 500K, Maybach proposera les spectaculaires limousines DS7 et DS8 dans les années 30. Ça, c’est une autre histoire…

















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