Nouveau V6 Audi : TDI des cimes?

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Publié par Antoine Arnoux le 5 juin 2011

Quid des futures S6 et RS6? Pour l’instant, Audi préfère concentrer l’attention sur son offre mazoutée, avec son nouveau V6 TDI. Et soulève quelques questions…

Évidemment, il est plutôt rare qu’un sujet sans bougies soit présent dans nos colonnes. Les dogmes automobiles traditionnels ne sont pas incompatibles avec le progrès certes, mais certains principes sont indissociables d’une certaine idée des bonnes manières motorisées. On imagine mal les gargouillis d’un V8 ou le feulement d’un 6 en ligne s’arrêter à 4000 tours… Pourtant, si plaisir automobile et diesel riment ensemble d’une curieuse manière, certains muscles mazoutés sont de véritables curiosités techniques.

Et puis ne nous le cachons pas, la plupart des 6 cylindres diesel modernes rivalisent en terme d’agrément avec les moteurs essence de puissance équivalente. Enfin, certains… Pas en terme de plaisir certes, ni de noblesse. Le souffle du diesel s’arrête toujours là où commencent les envolées lyriques d’un bloc essence bien né.

Nul besoin de le rappeler, le diesel hautes performances est entré dans les mœurs. Y compris sur le premium et le haut de gamme, l’immense majorité des Classe S, Série 7 et A8 étant écoulées en motorisations diesel malgré les énormes progrès de l’essence en terme de consommation.

Les impératifs économiques et les incitations ( émissions de Co², sans penser aux particules, même si un effort à été fait de la part des constructeurs ) ont pourtant maintenu le mazout en état de grâce, pas toujours à juste titre, surtout sur les créneaux huppés. Comment avancer l’argument d’économie alors que le surcoût par rapport à l’essence équivalent frise les 5 chiffres?

Pourtant, Audi pousse plus loin sa technologie TDI. Lors de la présentation du nouveau break A6 Avant, les Anneaux annonçaient l’arrivée d’une variante de 313 ch du V6 3 litres. Le nouveau bloc biturbo, en plus d’offrir 68 ch supplémentaires, voit son couple maxi passer de 500 à 650 Nm.

Il est vrai que le 6 en ligne BMW des 335d, 535d et 740d ( 306 ch ) imposait à Audi de réagir, ne serait-ce que pour lui opposer une vitrine technologique de sa maitrise du carburant lourd et de l’efficience…

En principe, ce nouveau moteur sera associé à la nouvelle boite 8 rapports et au Start & Stop. Résultat, les chiffres revendiqués sont exceptionnels : 5,3 s pour abattre le 0 à 100 km/h, soit mieux que le V6 3.0 TFSI, et une consommation annoncée à 6,4 l/100 km. Un brun optimiste, mais admettons…

Souvenez-vous : 313 ch, c’était la puissance revendiquée voilà quelques années par un autre diesel. Le V10 5 litres TDI, spectaculaire diesel qui inaugurait le principe des « chaudières de luxe ». Le downsizing est donc relancé sur le diesel… À terme, ce moteur devrait remplacer le V8 4.2 TDI, dans une déclinaison approchant les 350 ch. Et même faire son apparition sous des capots Porsche, puisque Cayenne et Panamera d’entrée de gamme partagent déjà le V6 de 245 ch avec Audi.

Admettons qu’un rendement de 104 ch/l est honorable, mais reste à savoir si la fiabilité suivra. Les capacités à encaisser les contraintes liées aux fortes pressions de suralimentation et d’injection ont leurs limites, comme nous avons pu le constater il y a quelques années avec l’avènement des diesels à fort rendement. Logiquement, les erreurs du passé ont été intégrées. À confirmer avec les années…

Audi A6 en vidéo :