Dans le Littré, on définit assez simplement le charme. On parle d’un « effet prétendu d’un art magique qui change l’ordre naturel ». Le terme ne s’emploierait d’ailleurs qu’au pluriel selon les grammairiens, pour mieux en souligner la complexité. Nous voilà donc embarqués dans une drôle d’aventure avec la Virage, dernière née Aston Martin, si l’on excepte la citadine Cygnet.
Essai Aston Martin Virage Volante en vidéo :
Le charme. Voilà de quoi vite tomber dans les poncifs. Art magique. Bon. Après tout, Aston Martin parle lui même de puissance, beauté et âme. Suffisant pour votre serviteur qui a tôt fait d’humaniser la muse britannique qui attend dans la pénombre, dans cette teinte Quantum Silver.
L’approche de chaque essai de cet ordre est toujours un peu la même. Chez la plupart de nos confrères, également. Une attirance quasi magnétique, mêlée de crainte. Crainte de ne pas cerner l’essence même de la nymphe qui offre sa nuit métallique. Le dialogue est de tous les instants, c’est impératif.
Cette fois, la sorcière qui a jeté le sort est bienveillante. Les indices sont nombreux. Virage d’abord, c’est une appellation qui renvoie à une GT qui occupe une place symbolique dans l’histoire Aston Martin. Pas forcément la plus connue, ce coupé des 90′s figurait la ( longue ) transition entre les ancestrales V8 ( remontant à 1969 ) et les productions de l’ère moderne, Vanquish et DB9.
Celle de 2011 qui nous intéresse serait donc, elle aussi, un modèle transitoire en attendant une refonte plus profonde de la gamme actuelle des GT Aston Martin à moteur V12.
Vraie nouveauté ou simple évolution de la DB9, elle est un peu des deux finalement. Mais surtout, la Virage est un trait d’union entre la DB9 jugée un peu trop sage et la sulfureuse DBS. Techniquement et esthétiquement, on est à mi-chemin entre les deux. A-t-elle développé sa propre personnalité, c’est la principale question.
Visuellement déjà. La Virage est plus démonstrative, même si l’évolution est subtile par rapport à la DB9. Ses traits se sont affirmés, mais on conserve le même profil. De trois quarts arrière, on retrouve ces galbes incroyablement élancés, dus à son porte- à-faux avant galbé, presque inexistant à l’œil depuis les angles postérieurs. À l’autre extrémité, la chute de reins maintes fois dépeinte reste identique. Sauf qu’ici, elle débouche sur des feux translucides, non plus rouges, et un gros extracteur d’air redessiné.
La proue concentre le gros des changements. Encadrant la calandre « chapeau de gendarme » typique, les feux de la Rapide ornés de Leds modernisent son regard. Le bouclier, flanqué de deux fines protubérances latérales et d’une prise d’air centrale, semble plus lisse. Dynamisée sans tomber dans les excès de la DBS ( trop agressive, pour certains ), la Virage n’est pas qu’un gros restylage de la DB9. Qu’elle sonne le glas de celle-ci qui date tout de même de 2003 peut être, mais toujours est-il qu’elle reste au catalogue.
Les premiers gestes mettent dans l’ambiance. Le frein à main à gauche, à l’anglaise, reste en position basse, qu’il soit tiré ou non. Sous les yeux s’étalent les 4 boutons ronds de la boite, tradition Aston.
Une pression sur le cristal baptisé ECU en guise de clef des champs ( pour Emotion Control Unit, ou l’art d’en faire un peu trop… ), l’instrumentation inversée tressaute et là, on s’apprête à engloutir ( prudemment ) la potion…















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