Essai Porsche Panamera Turbo S : colosse aux pieds agiles

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Publié par Antoine Arnoux le 20 octobre 2011

C’est le grand écart chez Porsche. Dans la famille Panamera, surtout. Faire naître quasi simultanément la version hybride et un nouveau sommet de la gamme, qui se place par la même occasion au panthéon des super-berlines, il fallait oser.

Comme pour mieux conjurer le sort politiquement correct, ainsi est née la Panamera Turbo S. En fait, il n’y avait aucune raison que la Panamera ne reçoive une version poussant plus loin la débauche de puissance de la Turbo de 500 ch. Après tout, la 911 y avait bien droit. Et puis, au jeu de la course à la puissance chez les coupés-4 portes, il fallait bien donner la réplique à une certaine Mercedes CLS 63 AMG, et miner le terrain sur les segments voisins, du haut de ses 550 ch. Une BMW M5, malgré sa puissance légèrement supérieure ( 560 ch ) a de quoi trembler. Nous le verrons, ses aptitudes dynamiques sont exceptionnelles. La mission est simple : enfoncer le clou de la suprématie Porsche dans le Très Grand Tourisme pour quatre. Maserati Quattroporte et Aston Martin Rapide, davantage comparables aux Panamera S et « simple » Turbo, sont en retrait.

On pourra tout de même attribuer à l’anglaise et l’italienne un prix de l’élégance. Qu’importe, l’objet balistique qui nous attend dans cette matinée grisâtre et humide joue sur un autre registre. Son profil de grosse 911 à rallonge a beau ne pas faire l’unanimité, on s’y habitue.

Dotée des attributs propres aux Turbo et Turbo S, la Panamera lance des messages subliminaux : on est tiraillé entre méfiance et attraction irrépressible. Quatre sorties rectangulaires, diffuseur façon titane, spoiler arrière rétractable en deux parties, bouclier avant plus ajouré…

Pas question de bouleversement, juste de quelques indices sur la teneur du flacon. La seule spécificité de la Turbo S par rapport à la Turbo, ce sont les jantes 911 Turbo II de 20 pouces. Dans le berceau moteur en revanche, le travail est réel. Sans revoir en profondeur le V8 à injection directe bien connu, Porsche a tout de même retravaillé la cartographie et la suralimentation, désormais confiée à deux nouveaux turbos plus légers.

Mettons cela sur le morne climat de notre essai, la tenue guerrière sonne comme un avertissement. Pour rappeler que l’une des Porsche les plus rapides et démesurées du moment est une… berline.


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