Portrait : Ferruccio Lamborghini (1916 – 1993)

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Publié par Yves-Eric Houpert le 18 octobre 2011

A l’origine mécanicien ayant fait fortune dans la construction de tracteurs, Ferruccio Lamborghini s’est lancé à 45 ans dans la construction de sportives de prestige. Par passion, mais aussi pour défier son « ennemi » Enzo Ferrari.

Né le 28 avril 1916 à Renazzo de Cento en Italie (30 km de Modène), Ferruccio Lamborghini est issu d’une famille d’agriculteurs plutôt aisée. Après des études à l’Institut de technologie de Bologne, il s’engage dans l’armée de l’air italienne en 1940 en pleine Seconde guerre mondiale. Il officie comme mécanicien, notamment sur l’île de Rhodes où il est fait prisonnier par les Anglais.

Une fois la guerre terminée, retour à Renazzo de Cento. Là-bas, Ferruccio Lamborghini s’essaye un temps à la préparation de bolides de course aux Mille Miglia de Brescia puis, après un accident en 1948 à bord d’une Fiat 500 Topolino, se lance dans une autre voie. Il ouvre alors ouvre un garage : le Trattori Lamborghini.

Des tracteurs aux voitures de sport

Le jeune homme d’une trentaine d’années profite de la fin de la guerre pour récupérer des véhicules militaires laissés à l’abandon. Le but : les transformer en tracteurs agricoles. Une excellente idée. Dans cette période d’après-guerre, la demande est très forte et cela permet à la petite entreprise de rapidement grandir. Dans les années 1950, il est ainsi le 3e constructeur de tracteurs en Italie.

Nouveau riche, Ferruccio Lamborghini peut désormais réaliser ses rêves et s’acheter de nombreuses voitures de sport : Jaguar, Maserati, Aston Martin ou Ferrari. A la fin des années 1950, il possède notamment plusieurs Ferrari 250 GT, ce qui ne l’empêche d’être assez critique sur ce modèle. Trop bruyant, pas assez confortable, pas fiable…

Le bonhomme est obligé d’aller à Maranello régulièrement pour faire remplacer son embrayage par exemple. Une situation qui l’énerve et qu’il n’hésite pas à mettre sous le nez du grand patron, Enzo Ferrari lui-même. Réponse sèche de l’intéressé : « Lamborghini, tu sais sûrement conduire un tracteur, mais tu ne seras jamais capable de conduire une Ferrari ».

Vexé, Ferruccio Lamborghini veut sa revanche. Il décide alors de se lancer dans la construction de voitures de sport. Avec une marque dans le viseur : Ferrari. « Si Enzo Ferrari ne m’avait pas adressé cette mesquinerie, je n’aurais peut-être jamais construit de voitures », expliqua d’ailleurs Ferruccio Lamborghini 30 ans plus tard.

Le début de l’aventure

Dans cette optique, il fonde en 1963 une nouvelle entreprise basée à Sant’Agata : Automobili Lamborghini. L’ambition, c’est de proposer des voitures de prestige performantes, confortables et fiables. Avec son équipe, Ferruccio Lamborghini commence par disséquer sa Ferrari 250 GT pour voir ce qui peut être amélioré. Ensuite, avec l’aide de l’ingénieur Giotto Bizzarrini, il met au point un moteur V12 développant 360 chevaux à 8 000 tr/min. Restait à concevoir la voiture en elle-même. Une mission confiée à l’ingénieur Gian Paolo Dallara et au designer Franco Scaglione, ancien de chez Bertone.

Le résultat ? Un prototype appelé 350 GTV (en photo) et présenté au Salon de Turin de 1963. Pas vraiment une réussite. Suivra le premier véritable modèle au Salon de Genève de 1964, la 350 GT, produite jusqu’en 1966 (voir en page 3). Par la suite, les versions 400 GT et 400 GT 2+2 permettent au constructeur de commencer à se faire une petite place dans le secteur.

Celui-ci se lance alors dans un nouveau projet : une voiture de route capable de remporter des courses. Avec, chose inhabituelle, un moteur V12 placé en position centrale arrière. Le prototype, dénommé P400 et dessinné par Bertone, est un succès au Salon de Genève de 1966. Lamborghini donne son feu vert pour la production. Seul le nom changera. Désormais, ce sera Miura.

  1. Ferruccio LamborghiniPartie 1
  2. Lamborghini MiuraPartie 2
  3. logo LamborghiniAnnexes
  4. Lamborghini 350 GTGalerie photos

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