Interview : Vincent Perrot – « En dragster, on ne veut plus s’arrêter »

Publié par Romain Thirion le 30 novembre 2011

Auteur de plusieurs records en dragster, Vincent Perrot reste un observateur avisé du sport automobile. Sport-Prestige l’a rencontré à RTL, où il continue d’animer l’émission Stop ou Encore. Également présentateur de Vincent Limites, sur Motors TV, chaîne sur laquelle il partage son amour de la mécanique extrême, il revient pour nous sur son expérience de pilote.

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Premier contact

Sport-Prestige : Comment vous est venue cette passion pour le dragster ?

Vincent Perrot : Cela vient forcément progressivement, c’est une discipline suffisamment spéciale pour qu’elle ne vous accroche pas du premier coup. Il faut d’abord aimer l’automobile et la moto au sens large, ce qui était mon cas. Et j’ai commencé à m’intéresser à l’aspect compétition, par le biais du magazine Nitro, qui était le seul journal à rendre compte de l’actualité du dragster, lorsque l’on a commencé à médiatiser ce genre de disciplines extrêmes et super spectaculaires. Dès que j’ai vu ça, je me suis dit : « nom de dieu, c’est incroyable ce truc ! » Les engins étaient d’une beauté exceptionnelle, il y avait un aspect sportif évident, un niveau de performance exceptionnel lui aussi. Donc ça m’a intéressé. J’avais 15 ans. Le fait que ce soit quelque chose d’extrême et d’américain me donnait l’impression d’un milieu inaccessible, je n’imaginais même pas que ce soit possible pour moi d’en piloter.

Quel a été votre chemin vers ce rêve de pilote ?

J’ai commencé à me rapprocher de diverses écuries, dans diverses disciplines du sport auto, puis à courir un petit peu moi-même. Et un jour, j’ai à nouveau entendu parler de dragster, après avoir un peu oublié la chose pendant plusieurs années. J’ai surtout entendu parler de Bob Feeler, et je me suis dit qu’il était incroyable qu’un homme, en France, avec un beau palmarès et une belle renommée, soit si isolé et si marginal. Je l’ai donc invité dans l’une de mes émissions de télévision, durant les après-midi de France 3, au début des années 1990. Nous avons commencé à bavarder, et nous ne nous sommes plus quittés depuis. Nous sommes devenus amis instantanément. Je lui ai dit que j’étais très intrigué par ce qu’il faisait, que j’aimerais en savoir un peu plus, et il m’a répondu : « viens sur les circuits, avec moi, je vais te montrer de plus près. » Mais il n’était alors pas du tout question que j’en fasse. Il s’agissait simplement pour moi d’approcher cet environnement. Il s’est passé facilement un ou deux ans avant que j’y goûte vraiment. L’envie est montée durant ces années, et j’ai dit à Bob qu’il fallait vraiment que j’essaye, ne serait-ce qu’une seule fois. Il m’a dit : « Vincent, le problème, c’est que tu n’essayeras pas une fois, car tu voudras forcément recommencer. Il faut donc que je te prépare. » Cela a pris un an de préparation, d’explications, de simulations…

Pensiez-vous déjà à votre succès dans la discipline ?

Le début de notre véritable aventure a commencé là, et dès que j’ai commencé, ç’a vraiment pris une ampleur que je ne soupçonnais pas. Il en a été question dans les médias, à la télévision… Nous avions filmé ça pour l’émission « Super Nana » de Patrick Sébastien, Télé 7 Jours en avait fait deux pages. Au bout de trois semaines, alors que je n’avais fait qu’un seul run, j’avais eu plus de presse que Bob Feeler dans les dix années qui précédaient. On s’est donc dit qu’en unissant nos forces et en donnant tout pour le dragster, nous pouvions améliorer l’exposition de la discipline, en continuant à bien se marrer. Nous avons donc créé l’écurie Perrot-Feeler Racing, une vraie structure de course, et cela fait 15 ans qu’on se marre, en effet.

Avez-vous été surpris ?

Pas vraiment. L’élément déterminant de cette aventure a été ma rencontre avec Bob, c’est ce qui m’a permis d’approcher le milieu. Mais c’est quelque chose qui me passionnait depuis l’enfance. Si on aime un peu les sports mécaniques, que l’on voit ça, on est forcément impressionné. De là à avoir envie d’en faire, c’est autre chose, mais il faut reconnaître que le dragster est impressionnant et spectaculaire.

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