Dossier : les fils de champions en F1, destins croisés

Publié par Audrey Favin le 6 décembre 2011

Hill, Rosberg, Villeneuve et Piquet ont fait vibrer la F1 dans les années 70 et 80, leurs fils ont épousé à leur tour une carrière automobile avec plus ou moins de succès. Il n’est pas aisé de suivre les traces d’un père champion du monde…

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Tels pères, tels fils ? La F1 n’est pas du genre à suivre les dictons … La F1, discipline reine du sport automobile, en est aussi la plus élitiste. Et si le calendrier s’ouvre à de nouveaux paysages depuis quelques saisons (Moyen-Orient et Asie) la conquête d’un baquet s’avère toujours aussi complexe ; les jeunes pilotes doivent faire d’une abnégation sans faille, de talent et surtout d’argent pour s’installer au volant d’une monoplace. Sans compte en banque bien garni les espoirs de prendre le départ d’un grand prix sont minces, à moins d’être aussi doué que Sebastian Vettel ou Lewis Hamilton, tous deux issus d’un milieu relativement modeste. Dans cette quête au baquet les fils de pilote partent avec une longueur d’avance sur la concurrence, les sponsors étant évidemment plus enclins à miser sur un nom déjà célèbre. Pourtant sur la piste la filiation n’est pas toujours bien assumée, les carrières des « fils de » connaissent des trajectoires différentes et l’ombre du père plane parfois de manière écrasante sur le rejeton. Certains se sont affranchis en choisissant une discipline différente de celle de leur père, d’autres ont repris le flambeau avec moins de complexes. Focus sur quatre « fils de », plongés dans le bain de la F1 dès leur plus jeune âge : Damon Hill, Jacques Villeneuve, Nelson Piquet Jr et Nico Rosberg.

Les réussites

Leurs parcours respectifs jusqu’à la F1 n’ont pas été simples mais ils ont eu la chance d’intégrer la meilleure écurie du plateau dès leur première année. Tous deux ont en effet débuté au sein d’une écurie Williams en pleine réussite, auréolée du titre de Nigel Mansell en 1992. Ils ont même collaboré le temps d’une saison, formant l’un des duos les plus efficaces du championnat en 1996, année du titre de Hill.

Damon Hill, le besogneux

Le père : double champion du monde en 1962 et 1968, Graham Hill se tue dans un accident d’avion en 1975 lorsque Damon a quinze ans.

Sa jeunesse dorée est brutalement interrompue par la mort de son père, la famille doit vendre tous ses biens et revenir à un train de vie modeste. Damon travaille pour payer ses études. Venu à la compétition sur le tard, Damon débute par la moto avant de faire ses classes en F3 puis F3000. En 1992 il prend le bon virage en devenant pilote d’essai pour l’écurie Williams qui l’installe dans un baquet officiel dès la saison suivante aux côtés du ‘Professeur’ Alain Prost. La pression est lourde car Hill succède à Nigel Mansell, parti à la retraite sur un titre de champion du monde 1992. Dès sa deuxième course au Brésil pourtant Hill s’installe sur le podium entre Ayrton Senna et Michael Schumacher. Il remporte sa première course en Hongrie, puis récidive lors des deux grands prix suivants. Hill termine la saison 3e derrière Alain Prost et Ayrton Senna. La saison 1994 est marquée par son duel féroce avec Schumacher, le pilote allemand n’hésitant pas à l’accrocher pour empocher son premier titre de champion du monde. La revanche aura lieu deux saisons plus tard. Damon Hill sera sacré en 1996, le britannique devient le premier « fils de » à inscrire son nom au palmarès. il choisit de quitter Williams pour la modeste écurie Arrows, puis Jordan où il termine sa carrière en 1999.
Crédit photo Daniel Goodings / Shutterstock.com

Jacques Villeneuve, le passionné

Le père : Gilles Villeneuve se tue en course lors du grand prix de Belgique en 1982 alors que Jacques n’a que onze ans.

C’est à l’âge de 18 ans que Jacques commence sa carrière automobile, après avoir obtenu l’aval de sa mère. Le canadien choisit le Japon puis le championnat américain pour faire ses armes. Il remporte le championnat de CART en 1995, année où il gagne les 500 miles d’Indianapolis. Il débarque l’année suivante en F1 chez Williams, il fait équipe avec Damon Hill. Deuxième derrière Hill en 1996 pour sa première saison, il succède en 1997 à son ex-équipier au palmarès à l’issue d’une saison marquée par son face-à-face avec Schumacher et un accrochage au Brésil qui force l’allemand à l’abandon et donne le titre à Villeneuve. Electron libre du plateau, Villeneuve tente ensuite plusieurs expériences, en F1 dans des écuries de seconde zone, en endurance et en NASCAR. Il a tenté un retour en F1 à la tête d’une écurie mais ses projets n’ont pas abouti. Il s’occupe en participant au Trophée Andros 2011.
Crédit photo Action Photos / Shutterstock.com
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