Pleins phares sur le Luberon : Lumières sur Bugatti, chez Mathieu Lustrerie

Publié par Antoine Arnoux le 20 décembre 2011

Le Luberon, pays de couleurs et de lumières. Alors quand Régis Mathieu, lustrier de renom près d’Apt ( Vaucluse ), décide de mettre en lumière une dizaine de Bugatti dans ses ateliers, c’est un éphémère sanctuaire qui s’offre à nous. L’un de ces incontournables événements qui mettent en exergue le Beau appliqué à l’Automobile. Tout simplement.

Vidéo : Lubéron et Lumières sur Bugatti

Hommage à Bugatti chez Mathieu Lustrerie

En franchissant les portes de cette ancienne usine d’ocre de Gargas, village situé à une cinquantaine de kilomètres d’Avignon, l’atmosphère vous saisit. Le temps que les yeux s’habituent à la lumière tamisée, diffusée par les créations inédites des ateliers Mathieu Lustrerie et quelques unes de leurs plus belles restaurations. Entre les murs orangés, ponctués de jeux de miroirs, l’éclat s’arrête sur les galbes métalliques de dix des plus emblématiques représentantes de l’histoire Bugatti. Curieuse analogie, et rencontre inédite de deux savoir-faire tout à coup intimement liés.

C’est une première chez Mathieu Lustrerie, qui se contentait jusqu’à présent d’une exposition annuelle d’été, sur des domaines aussi variés que le cinétisme, Charles Garnier, la bougie… Toujours en rapport direct avec les arts décoratifs l’activité principale de Régis Mathieu, à la tête de l’entreprise familiale depuis 1992.

Les jardins du Palais Royal, la galerie des glaces à Versailles, l’opéra Garnier, ou encore l’académie de musique de Philadelphie… Divers théâtres et hôtels prestigieux aux quatre coins du monde ont fait appel aux services de l’établissement provençal.

Mais aujourd’hui, le maître des lieux choisit de rendre hommage au maestro d’un autre genre de lumière. Ettore Bugatti, et son fils Jean, mis à l’honneur pour cette exposition hivernale, du 9 décembre au 13 janvier 2012.

Une autre lumière en somme, puisque la vitesse et la puissance passaient pour telle aux yeux des futuristes… Entre grand art et noblesse de l’artisanat, il s’agissait pour Régis Mathieu de « créer des parallèles » entre ses deux passions.

Nous voilà renvoyés à l’époque de la course de côte du Ventoux, le Géant de Provence culminant à 1912 mètres, juste à côté. On le connait surtout pour venir à bout, parfois tragiquement, des ambitions cyclistes. Et aussi mécaniques, générant ainsi un mythe et un épicentre de passions automobiles. Les routes des environs s’y prêtent, en tout cas.

Type 57 Atlantique, Atalante, Roadster, Type 35… Celles qui s’étalent sous nos yeux, on les imagine sillonner pied au plancher le Luberon, aux mains des gentlemen drivers d’avant-guerre. D’ailleurs, la plupart roule régulièrement et a même rejoint la lustrerie par la route.

Mettre en lumière les deux démarches artistiques et artisanales du lustrier et du constructeur automobile ( du moins tel qu’il se présentait du temps d’Ettore Bugatti ), voilà la thématique de l’événement. On est loin, très loin du rôle pragmatique et fonctionnel qui découle de l’objet. Ou alors, le fonctionnel doit servir le tracé. Comme les rivets de la 57 Atlantic, dont l’une des quatre unités produites nous fait l’honneur de sa présence.

En essayant d’en savoir davantage, on croise notre hôte au détour d’une Type 51. L’homme est affable, partage volontiers son approche de l’esthétique automobile. Tout s’éclaire. L’art sert la fonction, à moins que cela ne soit l’inverse…

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