Ancienne de la semaine : AC Cobra

Publié par Romain Thirion le 2 janvier 2012

2012 commence fort dans l’Ancienne de la semaine, avec un modèle mythique : l’AC Cobra, sportive emblématique des années 1960, issue de l’imagination fertile de Carroll Shelby.

L’AC Cobra – dénommée Shelby Cobra outre-Atlantique – est le résultat d’un croisement. Une sportive ultime née de l’alliance d’un châssis et d’une carrosserie britanniques signés AC Cars, d’un moteur américain fabriqué par Ford, et de l’envie de Carroll Shelby. L’envie d’un pilote automobile tout juste retraité, qui rêvait alors de créer un bolide de course aussi puissant que léger, capable de dominer en compétition les Ferrari et les Corvette, entre autres.

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Ancienne de la semaine

C’est presque un hasard si l’idée de Carroll Shelby voit le jour, en 1962, dans le corps d’une AC Ace. Le véhicule, né en 1951, vient à peine de cesser sa production, faute de nouveaux moteurs Bristol pour l’équiper. Mais l’ancien vainqueur des 24 Heures du Mans ne compte pas laisser le châssis et la carrosserie du roadster anglais tomber dans l’oubli. Une plate-forme aussi rigide et un design aussi racé ne peut que convenir à sa soif de victoire, que la retraite n’a pas étanchée. Léger, le véhicule peut afficher un rapport poids/puissance effrayant, une fois équipé d’un bloc de grosse cylindrée, à l’Américaine. Reste alors à trouver le fournisseur.

Après avoir essuyé le refus de Chevrolet, trop attaché à préserver sa Corvette, c’est auprès de Ford, désireux de s’investir en compétition, que Shelby trouve son moteur. Le constructeur de Detroit expédie donc en Angleterre un bloc V8 de 260 pouces-cubiques (4.2 l), qui va propulser la toute première génération de Cobra, l’AC Cobra 260. Avec sa boîte manuelle Borg-Warner T10 à quatre rapports, le véhicule se permet de dépasser les 240 km/h et d’abattre le 0 à 100 km/h en 4,2 secondes. Mais le bolide ne garde pas longtemps le même moteur. Un an après ses premiers tours de piste, il reçoit un tout nouveau bloc V8 Ford de 4.7 l, développant pas moins de 271 chevaux à 5 800 tours par minute. Sa cylindrée de 289 pouces-cubiques donnera son nom à une deuxième génération de serpent anglo-américain : l’AC Cobra 289, autrement appelée Mark II. Légèrement redessinée, la voiture reçoit également une direction à crémaillère et de tout nouveaux ressorts à lame transversales.

Il faut attendre 1965 pour voir naître la génération ultime d’AC Cobra, la Mark III. Handicapée par un aérodynamisme daté, la sportive doit alors revoir sa copie sur le plan du moteur comme du châssis pour pouvoir rivaliser dans le Championnat du Monde GT de la FIA. Pour supporter son nouveau bloc V8 Ford de 7 l, de 427 inches-cubiques, la Cobra adopte alors un châssis trois fois plus rigide que celui d’origine, avec des tubes maîtres élargis et des suspensions à bras superposés et à combinés ressorts-amortisseurs. Avec ses ailes et ses passages de roues élargis, afin de recevoir de plus gros pneus, le véhicule augmente encore ses performances. L’AC Cobra 427 développe alors plus de 410 chevaux, pour un couple d’environ 650 Nm. Une version « Super Snake » turbocompressée atteint même les 800 chevaux en 1966. Un an plus tard, la production de la Cobra s’arrête. La légende prend alors le relais.

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