Ancienne de la semaine : Cord L-29

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Publié par Romain Thirion le 9 janvier 2012

Première voiture de série à traction avant, la Cord L-29, qui tire son nom de son année de production, n’a pas connu un franc succès commercial, mais reste un véhicule précurseur.

Errett Loban Cord, fondateur de Cord Corporation, n’a jamais été à court d’idées. Patron de l’une des principales holdings américaines de l’entre-deux-guerres dans le domaine des transports, il s’est mis à racheter, dès 1926, Auburn Automobiles, Lycoming Engines et Duesenberg, entre autres. Mais l’industriel faisait également construire des véhicules à son nom, sous le sigle Cord. C’est justement cette année là, celle de la Grande Dépression, que la marque lance sur le marché américain un bolide inédit, première voiture de série à traction avant : la Cord L-29. Si la transmission au train avant avait déjà été expérimentée depuis le début du siècle dans la compétition automobile, aucun modèle du genre n’avait été produit à grande échelle jusque là.

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Ancienne de la semaine

Comme la plupart des voitures des années 1920, la L-29, première Cord de l’histoire, est d’abord un châssis. Sa mécanique est d’ailleurs inédite, puisqu’il s’agit du premier châssis en croix dans l’industrie automobile américaine. Si Errett Loban Cord choisit la traction avant, c’est par goût de l’expérimentation, mais aussi par goût de l’esthétique : en déplaçant la transmission de l’arrière à l’avant, il peut ainsi se permettre d’avoir un véhicule plus bas, plus long, avec une cabine plus près du sol. Pour concevoir sa prestigieuse voiture, l’industriel fait appel aux services des ingénieurs Leo Gossem, Cornelius Van Ranst et Harry Miller, précurseurs de la traction avant sur les bolides de course créés par ce dernier pour participer aux 500 Miles d’Indianapolis. Pour lui offrir une transmission optimale, les trois hommes équipent donc la L-29 d’un essieu antérieur De Dion, généralement placé à l’arrière sur les engins à propulsion, garni de suspensions à lames.

Sous son très long capot, aux dimensions dignes de celui d’une voiture de luxe, la Cord L-29 cache un moteur 4.9 l Lycoming à 8 cylindres en ligne et à 16 soupapes latérales, qui équipe déjà l’Auburn 120. Celui-ci, développant 125 chevaux, ne tire cependant pas le meilleur de ses capacités. En effet, transférer la transmission, assurée par une boîte manuelle à trois rapports, au train avant limite les performances de la L-29. Celle-ci se révèle incapable de dépasser les 130 km/h, une vitesse loin d’être très élevée, même pour l’époque. Egalement handicapé par son poids de 2,1 tonnes, le véhicule peut néanmoins se targuer d’une très bonne tenue de route et surtout d’un superbe design, dû au duo Alan Leamy – John Oswald.

Ceux ci vont créér pour la Cord L-29  différents types de carrosseries : berline Brougham, berline Phaeton – plus longue – et cabriolet, chacune présentant une calandre rappelant fortement les modèles Duesenberg, et ce pour le meilleur. L’ouvrage des deux hommes se révèle extrêmement élégant, surtout dans la configuration cabriolet. Outre son esthétique soignée, la Cord L-29 avance alors un grand nombre d’instruments, de la jauge de température du moteur à celle de pression d’huile, en passant par une jauge de niveau d’huile, une mesurant le niveau d’essence, un compteur kilométrique et même un ampèremètre. Tout comme de nombreuses voitures de l’époque, la L-29 ne s’en pas tient pas à ses carrosseries d’origine. Certains clients se permettent donc de n’acheter que le châssis et de faire carrosser le bolide par un artisan. Vainqueur du Concours d’élégance de Monaco, le coupé Hayes (ci-dessus), oeuvre du styliste Alexis de Sakhnoffsky pour la Hayes Body Corporation, témoigne des superbes travaux réalisés sur le modèle. Un modèle qui subit pourtant la crise économique de plein fouet. Lorsqu’elle éclate, Cord n’en a pas vendu plus d’un millier. Même si Errett Loban Cord prétend alors en avoir écoulé 5 000 pour relancer le cours de ses actions, la L-29 ne rencontre rien d’autre qu’un succès d’estime. En 1931, lorsque la production s’arrête, 4 400 exemplaires ont été construits et seulement 1 873 vendus.

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