Première voiture de grande série à adopter un moteur V12 en 1915, la Twin Six fut la réplique de Packard à Cadillac et sa Type 51 à moteur V8.
Dès le début du XXe siècle, Packard émerge comme constructeur de voitures de luxe, outre-Atlantique. Avec ses concurrents Peerless et Pierce-Arrow, la compagnie est reconnue comme l’un des « Trois P » de la « Royauté automobile américaine ». Mais la marque fondée par James Ward Packard en 1899 fabrique également ses propres moteurs, et a pour principal rival en la matière Cadillac. En 1914, lorsque Wilfred Leland, fils du fondateur de Cadillac, présente la première voiture de série américaine à moteur V8, la Type 51, Jesse Vincent, ingénieur en chef chez Packard, réagit. Il adopte l’architecture en V des moteurs 12 cylindres utilisés dans l’aviation pour l’intégrer dans une automobile. Ainsi naît la Twin Six, premier bolide de série équipé d’un bloc V12.
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Ce sont les très fiables moteurs 4 cylindres de la Model 30 et 6 cylindres en ligne de la Six qui offrent à Packard sa renommée, à l’aube de la Première Guerre mondiale. Mais alors que le conflit éclate en Europe, les Etats-Unis sont encore en paix et l’effort industriel n’est pas encore tourné vers la production militaire. La guerre est plutôt commerciale entre les constructeurs, et Packard parvient, avec le V12 de sa Twin Six, à se hisser au sommet du luxe. Surnommé « 12 Apôtres », cet engin de 6.9 l à deux fois six cylindres en fonte, disposés en angle de 60°, est enveloppé d’un carter en aluminium et accueille des pistons en aluminium léger. Ce moteur performant, souple et silencieux offre alors un meilleur rapport poids/puissance qu’un 6 cylindres en ligne. En effet, malgré le double de cylindres, il se révèle plus léger, et développe pas moins de 88 chevaux à 3 000 tours par minute. Le couple aussi s’en trouve amélioré. Grâce à lui, la Twin Six peut atteindre la vitesse de 120 km/h. La transmission aux roues arrière, assurée par une boîte manuelle à 3 vitesses, permet à la voiture d’accélérer progressivement et en douceur.
Outre le moteur et la transmission, c’est le châssis même de la Packard Twin Six qui rend sa conduite souple et agréable. En effet, le véhicule est équipé de suspensions semi-elliptiques à ressorts à lames. Vendue avec plusieurs carrosseries disponibles, comme la plupart des voitures de l’époque, cette Twin Six était également disponible avec deux longueurs d’empattement, selon qu’elle soit à deux ou quatre places. Cette première version de la Twin Six, produite jusqu’à la fin de 1916, a été construite en 7 746 exemplaires. Luxueuse et solide, elle est, jusqu’à l’arrêt de la production, en 1923, l’une des voitures américaines les plus prisées des grands de ce monde, et ce des deux côtés de l’Atlantique. Parmi ses illustres propriétaires figurent le tsar Nicolas II, dernier empereur de Russie, et le 29e Président des Etats-Unis, Warren Harding, qui embarquait dans une Packard Twin Six le jour de son investiture, le 4 mars 1921.















