Rétromobile 2012 : panorama d’exception pour Artcurial

Publié par Romain Thirion le 2 février 2012

La maison de vente a réuni plus de 80 véhicules sur ce Rétromobile 2012. Des modèles balayant l’histoire de l’automobile, de la fin du XIXe siècle à la fin du XXe, qui seront mis aux enchères vendredi.

Vidéo salon Rétromobile (2012)

Pas de Rétromobile sans sa traditionnelle vente aux enchères. Artcurial, qui a remplacé Bonhams depuis l’édition 2011, a joué la carte de la variété, avec des modèles très anciens, mais aussi des voitures des années 1990. Si de nombreux véhicules sont estimés à quelques dizaines de milliers d’euros, certains sont annoncés à des prix à 6 chiffres. Voire même 7, pour le joyau de la collection exposée : la Ferrari 250 GT California Spyder 1959 de Roger Vadim. Entre 1959 et 1965, les sièges du roadster auront vu s’asseoir les actrices Annette Stroyberg et Catherine Deneuve, épouses successives du producteur. Avec son hard-top d’usine, il est l’un des 47 exemplaires du genre construits par le Cheval Cabré. Bolide d’exception, il est le seul à n’afficher aucune estimation de sa valeur. Celle-ci n’est disponible que sur demande. La Ferrari de Roger Vadim n’est pas la seule 250 GT présente cette semaine sur le stand Artcurial. Un Coupé Boano de 1956, aligné à plusieurs reprises en compétition aux Etats-Unis, est aussi exposé. Avec sa robe noire et ses sièges en cuir tabac d’origine, cette splendeur est estimée entre 420 et 480 000 euros.

La Ferrari F40 Berlinette 1989 de Nigel Mansell fait partie des modèles les plus récents à être mis en vente. Estimée entre 320 et 380 000 euros, elle dispose d’une structure composite faite d’acier, de fibre de carbone et de Kevlar, et embarque un moteur 3.0 l V8 bi-turbo de près de 500 chevaux, capable de la propulser à 320 km/h. Au rang des Italiennes, les coupés sont légion, sur ce stand Artcurial. Parmi elles, une étonnante Lancia Rallye 037 à moteur central de 1984, estimée entre 130 et 180 000 euros, exceptionnellement préservée, qui n’a roulé que 11 010 km. Beaucoup plus surprenante est la présence d’une Bizzarini 5300 GT Berlinette Strada de 1967 : elle est l’un des 72 modèles construits en aluminium, et sa conception autant que sa rareté lui valent une estimation entre 320 et 420 000 euros. Encore plus rare, une Cisitalia 33 DF Voloradente Coupé récemment restaurée, avec carrosserie crème et toit bleu ciel, a su trouver son chemin jusqu’à la Porte de Versailles, où elle sera vendue à un prix estimé entre 125 et 155 000 euros.

Parmi les modèles les plus anciens, un devrait dépasser les 500 000 euros : une Delaunay Belleville Type 06 de 1913. Plus puissant modèle du constructeur produit avant la Première Guerre mondiale, le véhicule n’a jamais connu d’autre propriétaire. Crédité de 100 chevaux, son moteur 8.0 l à 6 cylindres lui permettait des performances étonnantes. Moins chère, une Delahaye 135 M Cabriolet rouge de 1948, devrait tout de même atteindre les 400 000 euros. Carrossée par Marcel Pourtout, archi-célèbre carrossier français de la première moitié du XXe siècle, elle embarque un bloc type 103 6S à trois carburateurs et délivrait, à sa sortie, une puissance de 115 chevaux. Une autre Delahaye, une 135 MS Cabriolet de 1947, carrossée par Franay, est également mise en vente, et pourrait être adjugée à 500 à 600 000 euros. Extrêmement bien restaurée, elle dispose d’une capote rabattable en trois positions, et son moteur 3.5 l et son châssis en faisaient la meilleure Delahaye de route. Côté Françaises, une Gobron-Brillié Torpédo Skiff de 1912, carrossée par Rothschild, a de quoi surprendre, avec son habitacle en bois rappelant fortement la forme d’une barque. Estimé entre 200 et 300 000 euros, ce véhicule original pourrait avoir été exposé au Salon de Paris l’année de sa sortie. Si cela lui offre une aura de mystère, son style étonnant a de quoi surprendre tout autant le public du Parc des Expositions.

Enfin, les anciennes Allemandes d’exception ne sont pas en reste. Issues d’une prestigieuse collection privée italienne, une Mercedes 540 K Cabriolet B de 1937 et une Horch 853 Cabriolet de 1938 font figure de véritables carrosses. La première, autrefois propriété de la famille Rockefeller, est inscrite au registre et pourrait dépasser les 500 000 euros, lors de la vente de vendredi. Très luxueuse, elle tire 180 chevaux de son moteur 4.5 l et pouvait atteindre les 170 km/h. Tout aussi rare, mais « seulement » estimée entre 320 et 380 000 euros, le cabriolet Horch a été parfaitement restauré, et bénéficie lui aussi d’une inscription au registre, mais au registre italien ASI.

 

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