Le négociant suisse Lukas Hüni a revisité coupés et roadsters, de l’Italie à l’Angleterre, durant les cinq jours de ce Rétromobile 2012, avec des modèles parfois rarissimes.
Enchanter un public de passionnés peut sembler simple, parfois. Il suffit d’aligner des bolides d’exception sur quelques mètres carrés, et le tour est joué. Il faut pourtant se les procurer, ces véhicules. D’autant qu’un modèle comme la Jaguar XK 120 Ghia Supersonic, carrossé par le maître italien Ghia, n’existe qu’en seulement trois exemplaires ! Lukas Hüni s’est donc montré très inspiré, sur ce Rétromobile 2012. Si cette carrosserie Supersonic, inspirée du fuselage des avions des années 1950, a été exploitée sur une quatorzaine de Fiat 8V, notamment, elle est presque introuvable aujourd’hui sur d’autres voitures. Les carrosseries italiennes étaient d’ailleurs les plus en vue sur le stand, sur des châssis particulièrement sportifs.
Vidéo salon Rétromobile (2012)
En effet, deux splendides Ferrari 250 GT Berlinetta à la robe gris métal ont su se faire remarquer. L’une, construite par Scaglietti en 1958 et dessinée par Pininfarina, dispose d’un châssis long et a reçu le nom de « Tour de France », en référence au modèle similaire victorieux à 4 reprises sur le Tour de France auto. Si l’engin présenté à la Porte de Versailles la semaine dernière n’a pas lui-même couru l’épreuve, il a néanmoins disputé de nombreuses courses en Amérique du Nord et y a fait respecter son nom. L’autre 250, montée sur un châssis court, date de 1961. Equipée d’un bloc 3.0 l V12, le bolide, carrossé lui aussi par Pininfarina, il s’agit d’un modèle de compétition engagé par la Scuderia Ferrari sur plusieurs épreuves, d’où sa structure en aluminium. Vainqueur des 1 000 km de Paris en 1961, elle a fait chavirer bon nombre d’amateurs du Cheval Cabré, présents sur le salon.
Plus ancienne, l’Alfa Romeo 6C 1750 GS de 1929, exposée à quelques mètres, a également rappelé aux Alfistes la grandeur de la marque en terme de compétition automobile. Remarquablement préservé et flanqué du trèfle à quatre feuilles, le roadster reste l’une des Alfa les plus mythiques. Mais en matière de mythe, les Françaises présentées par Lukas Hüni n’avaient pas à rougir. La magnifique Delage 2 LCV de 1924, dans sa livrée bleu ciel, n’était autre que le bolide autrefois piloté par le recordman du monde de vitesse sur terre, René Thomas. Celui-ci avait atteint la vitesse de 230,64 km/h à son bord. La Sunbeam Talbot Darracq bleue, située à quelques mètres, a tout juste deux ans de moins que la Delage, mais son design est résolument plus moderne, et figure déjà les voitures alignées alors dans les Grands Prix. L’une de ses héritières, une barquette Talbot bleue, était également exposée. Particulièrement rare avec cette carrosserie à calandre béante, le véhicule respire les années 1950. Et nul besoin de machine à remonter le temps pour avoir l’impression d’y être : cet engin exceptionnel suffisait à s’y replonger.





















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