Essai Infiniti EX37 GT : performance zen

Classé dans.
Publié par Antoine Arnoux le 22 février 2010

On pourrait longtemps parler de l’influence du milieu sur l’évolution des espèces. Appliqué à l’automobile, le phénomène est manifeste. Le mélange des genres représenté par cette catégorie des « crossovers », encore marginale, est directement lié au contexte automobile actuel. Rappel des faits, mis en évidence avec l’Infiniti EX37 à la loupe sur Sport-prestige…

La vitesse est morte, vive l’allure, pouvait-on lire dans les colonnes d’un confrère voilà une dizaine d’années. Nous en étions au balbutiements des politiques de répression systématiques, la prophétie s’est aujourd’hui réalisée : pour beaucoup d’amateurs, le plaisir automobile passe désormais par autre chose que la performance pure.

Résultat, les designers et les responsables marketing se sont « défoulés » sur d’autres registres afin de pallier une carence grandissante en performance, hélas devenue politiquement incorrecte, mais toujours composante essentielle du plaisir automobile.

En parallèle, la segmentation classique citadine/compacte/familiale/grande routière s’est morcelée pour donner naissance à certains mélanges de segments chez les constructeurs généralistes. D’où l’arrivée de ces « Crossovers », croisement de catégories ayant donné naissance à des étrangetés sur roues aujourd’hui entrées dans les mœurs de l’automobiliste lambda.

Mais pour le public attentif au marché premium et haut de gamme, le paysage automobile est resté classique plus longtemps. Que ces créneaux soient désormais investis par des constructeurs huppés, le signe est fort. Plus encore, lorsqu’un anonyme en Europe y tente sa percée, en partie par ce biais.

Infiniti, blason huppé de Nissan, a relevé le pari d’investir directement ce créneau.

Infiniti EX37, à la croisée des chemins

Dans les faits, il entre en concurrence des SUV compacts. Au vu de ses prétentions tarifaires et de son niveau de performances, le EX37 se pose en rival des Audi Q5 V6 ou BMW X3. Par rapport à ses concurrents, le EX37 est pourtant moins typé « tout-chemin ». L’impression est due à sa garde au sol plutôt limitée par rapport à ses proportions. Le EX s’apparente en fait à un gros break haut sur pattes.

Comme d’habitude, on ne sait trop où poser les yeux pour apprécier le design de l’Infiniti EX. Formes élégantes, sobres et rondouillardes habillent un profil de relativement discret malgré son gabarit généreux.

Feux effilés remontant haut sur les ailes, faible surface vitrée et haute ceinture de caisse œuvrent pour sa présence visuelle. Cette virilité est pourtant atténuée par les ondulations latérales et les rondeurs trop prononcées. Ajoutons une ligne de toit fuyante vers l’arrière, et vous y êtes : et si on croisait un SUV avec un break de chasse, le tout habillé des habituels éléments de style des berlines classiques haut de gamme, calandre XXL et chromes à l’appui?

Encore une fois, rappelons que le franchissement ne figure absolument pas dans le cahier des charges des SUV ou apparentés. Leur vocation : les longs trajets autoroutiers avalés dans un confort de grande routière, avec des performances du même tonneau… Pour ce faire, Infiniti a mis les petits plats dans les grands.

Lire la suite

[^]