Le grand retour du Trident sur le segment des limousines de sport intervient en 2004 avec la cinquième génération de Quattroporte. Bénéficiant aujourd’hui d’un peu de recul sur la fiabilité générale de l’auto, la Maserati Quattroporte n’est pas une mauvaise affaire, loin de là…

Luca Di Montezemolo, patron de Ferrari, regrettait que ses homologues italiens ne trouvent pas mieux que leurs éternelles Classe S et BMW série 7 pour se rendre à leurs conseils d’administration. Il est vrai que concilier berline de luxe et préférence nationale n’était pas facile avant la cinquième génération de Quattroporte. Outre les peu convaincantes Lancia Thesis et Kappa, les italiens étaient aux abonnés absents du segment des très grandes routières. Quatre générations de Quattroporte ont bien précédé l’actuelle, sans vraiment se hisser à la hauteur de la concurrence allemande. Tant du point de vue de la qualité que des motorisations, et surtout de l’image. Pour occuper le créneau, la légitimité de Maserati était problématique.

Au début des années 2000, les choses ont changé : la 3200 GT a su redorer le blason du constructeur et cède la place au coupé 4200 GT en 2002. Le renouveau de la marque, amorcé lors de la fusion Maserati-Ferrari en 1997 ( orchestrée par le groupe Fiat ), ne fait plus de doute. En 2004, le moment semble venu de renouveler la berline absente du catalogue depuis 2000. Par la même occasion, la Quattroporte monte en gamme : alors que la MkIV était plus proche d’une routière type série 5 ou classe E, la cinquième génération gagne quelques centimètres et vient tutoyer les Classe S et Audi A8. En plus baroque, toutefois. Dans l’esprit, la transalpine est plus proche d’une Jaguar XJ

Exubérante, la limousine Maserati arbore une calandre béante préfigurant l’actuelle Granturismo. Des trois ouïes latérales aux quatre sorties d’échappement, en passant par la ceinture de caisse ondulante, la sportivité s’affiche sans retenue. D’ailleurs, le décrochement de montant C est directement issu de la 4200 GT. Hommage au patrimoine de la marque, la Quattroporte brandit ostensiblement son trident sur ses montants arrière. Un design fort, impensable sur les productions de Stuttgart ou d’Ingolstadt.

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