
La 996 succède à la 993. Si elle s’inscrit dans la continuité de la lignée 911, cette génération en bouscule certaines traditions en devenant un peu plus sage. Décriée en son temps par les puristes, cette 911 est désormais accessible pour le prix d’une familiale…
Légende bafouée?
Abandon du refroidissement à air, disparition des phares ronds, éléments repris du Boxster… De là à penser que la 996 a galvaudé le mythe 911, il n’y a qu’un pas. Moins caractérielle que la 993, la 996 a démocratisé l’accès à la planète 911: en embourgeoisant son modèle légendaire, Porsche a drainé une nouvelle clientèle et attiré 40% de clients supplémentaires par rapport à la 993.
Certes, la 996 ne nécessite pas vraiment de mode d’emploi et s’avère nettement plus rassurante que ses devancières. Mais les performances sont bel et bien en hausse, n’en déplaise aux puristes qui déplorent son caractère aseptisé: le flat-6 « à eau » permet d’abattre le 0 à 100 km/h en 5,2s et une vitesse maxi de 280 km/h, contre 5,6s et 270 km/h pour son aïeule. D’abord proposée avec un inédit 3,4 de 300 ch et 350 Nm à 4600 trs/mn, la 996 Carrera voit sa cylindrée portée à 3,6L pour 320 ch lors de son restylage de 2001. Dès son lancement, le flat-6 bénéficie du VarioCam, système de calage variable des soupapes: la plage d’utilisation s’en voit optimisée. La transmission 6 rapports issue du Boxster se montre précise et bien étagée et contribue au plaisir de conduite de la 996. Il reste possible de faire parler la poudre, et c’est avec bonheur que cette 911 accepte d’être cravachée: l’esprit Porsche est bien là , et l’apprenti-pilote aura de quoi se faire des sueurs froides sur départementales sinueuses. D’autant que l’ESP (déconnectable) était optionnel sur les Carrera de base des 1ers millésimes… Le train avant en aluminium hérité du Boxster (encore?!) a le mérite d’apporter un surcroît de précision à la direction. En somme, Porsche a réussi à synthétiser le caractère de la 911 originelle avec un agrément d’utilisation moderne: la 996 tient plus de la confortable GT que de l’authentique sportive.
Au quotidien
Niveau équipement, rien ne manque vraiment: ABS, autobloquant, clim auto, système audio, sellerie cuir électrique et 4 airbags sont fournis de série. Les derniers millésimes produits sont le plus souvent pourvus du GPS. La qualité de finition semble en légère baisse par rapport à la génération précédente: certains plastiques sont moins robustes et trahissent le souçi de rentabilité qui régnait alors à Stuttgart. Ainsi, les commodos présentent un aspect bon marché qui dénote sur une GT de cette envergure. Idem pour les moquettes, indignes de ce mythe sur roues. L’ambiance intérieure reste malgré tout fidèle aux traditions maison: habitacle lumineux, clé à gauche du volant… Les 5 compteurs de l’instrumentation intègrent désormais tachymètre digital couplé à l’analogique et ordinateur de bord. Les places arrière (inutilisables sur le cabriolet) restent symboliques et seront réservées à votre meilleur ennemi si vous envisagez un long trajet…
Côté fiabilité, les premiers blocs 3,4L ont connu quelques défauts de jeunesse, voire parfois des cas sporadiques de casse moteur en usage intensif. Cela à naturellement joué en défaveur de la réputation de la 996 qui accuse une décote plus marquée que les autres générations de 911. En principe, les véhicules sujets à problèmes ont été pris en charge par le réseau. D’une manière générale, la 996 Carrera reste une sportive fiable, même si boudée par les porschistes convaincus.
Avant de craquer…
Un coupé 911 type 996 peut facilement se négocier à des tarifs attractifs: chez un spécialiste du haut de gamme ou dans le réseau, comptez 36 000e pour un modèle 2000 affichant 80 000 km. La facture augmentera de 3000 à 4000e pour un cabriolet (produit à partir de mars 1998). Attention: si le marché de la seconde main permet de s’offrir une Carrera « de base » pour le prix d’une familiale neuve, les coûts d’utilisation ne sont pas du même tonneau. Entretenir une 911 demande toujours un budget solide: la durée de vie des pneus en 205/50/17 à l’avant et 255/40/17 à l’arrière n’excède pas 20 000 km, et la facture sera un peu plus salée en cas de (fréquente) surmonte en 18 ou 19p. Prévoyez environ 400e pour un train de pneus avant et 550e pour l’arrière. Il est indispensable de veiller au suivi rigoureux du plan d’entretien: comme toutes les automobiles exclusives, une 911 délaissée ne le pardonne pas et le prix des pièces reste élevé, malgré des éléments partagés avec le Boxster. La consommation reste toutefois relativement mesurée, et s’annonce à 12L/100 km en cycle mixte.
L’historique du véhicule devra être limpide: le vendeur fournira impérativement le carnet d’entretien à jour. Les plaques d’identification se trouvent à sur le montant de porte passager, à la base du pare-brise et à l’intérieur du capot avant. Au cours de vos recherches, il sera préférable d’accorder plus d’importance au suivi de la voiture qu’à son kilométrage.
A voir : annonce Porsche 996 d’occasion
Print This Post
3 Réponses
antoine
13|avr|2008 1…porschiste depuis 6 ans actuellement propriétaire d’une 996…QUE DU BOHNEUR même si la fiabilité est fortement mise en cause, le manque de respect vis a vis du véhicule aboutie fatalement vers une casse moteur. D’où l’intérêt plus que sur un flat a air , d’accepter une montée en température de la bête…
PHILIPPE
09|sept|2008 2Quelle est la fréquence pour ce qui concerne la vidange d’une porsche 996 cab de 2002 ?
Merci de votre réponse.
Antoine Arnoux
10|sept|2008 3En usage normal, l’entretien courant d’une 996 est relativement simple : une vidange interviendra tous les ans pour un kilométrage moyen de 10 / 15 000 km par an ( environ 400 € avec révision intermédiaire ).
Propriétaires de ce véhicule, donnez votre avis