
Adulée des passionnés comme des profanes depuis presque 10 ans, la TT 1ère du nom suscite toujours autant de convoitises. On a vu sportive plus radicale, mais rarement aussi attachante. Remplacée en 2006, la plus délurée des Audi à connu une carrière relativement sereine. De quoi craquer sans arrière-pensée…
Du sport, mais pas trop…
Le moins que l’on puisse dire, c’est que sa ligne supporte le poids des ans: le look ravageur de la TT fait toujours retourner les têtes sur son passage. Pas mal, pour une voiture née fin 1998! Tout en rondeurs, son profil est à l’image de son caractère: un peu trop sage pour certains… Mais ô combien plus affirmé que les anciennes productions d’Ingolstadt! Sur le papier, les caractéristiques sont fort séduisantes. On retrouve le fameux 1,8 l 20s suralimenté, la fameux « bloc à tout faire » VAG, développant ici 180 ch. Un peu juste pour en remontrer au Z3, sa concurrente de l’époque (0 à 100 km/h en 7,8s). Cette motorisation est secondée par le même 1,8 turbo, d’une puissance portée à 225ch (6,6s et 243 km/h), déjà plus respectable. Un V6 3,2 l 250 ch est apparu en 2003. Partagé avec la Golf IV R32, ce bloc transfigure le coupé Audi et lui procure le caractère qui lui faisait défaut. Belle sonorité, couple de 320 Nm dès 2800 trs/mn…6,4s pour le 0 à 100 km/h, vitesse maxi limitée à 250 km/h. Seule cette motorisation a reçu l’inédite transmission robotisée DSG double embrayage, aux passages de rapports ultra-rapides (0,2s). Les 1,8 T adoptent une transmission manuelle 6 rapports pour la 225 ch, 5 pour la 180 ch. A noter que seules les 1,8 T 225ch et V6 furent disponibles en Quattro (extérieurement, celles-ci se distinguent par une double sortie d’échappement et des jantes 17p). Pour mémoire, une version 150 ch du 1,8 T fut proposée au lancement. A oublier, vu ses performances indignes et un équipement pauvre.
Le principal reproche que l’on puisse faire à la TT serait son comportement routier: sécurisant, mais dénué de tout tempérament joueur. Le Quattro confère au châssis une tenue de route souveraine et un comportement sans surpise. Et question agilité, on repassera: en V6, le TT accuse tout de même 1600 kg sur la balance! Sur route sinueuse, les limites sont vite atteintes et on retrouve un caractère un peu pataud, très typé Audi, dès que le rythme s’accélère. Apparu en 2000, le roadster souffre un peu plus de son embonpoint (+ 70kg), la faute aux renforts indispensables sur un cabriolet.
A l’usage
L’habitacle est conforme aux traditions de la marque: le soin apporté à la finition et aux matériaux est bluffant, gage d’un excellent vieillissement. L’ambiance confinée et la visibilité restreinte peuvent dérouter, mais l’ergonomie particulièrement travaillée met tout de suite en confiance: dans une TT, on se sent très vite chez soi. Le design intérieur tranche avec l’austérité propre aux modèles des Quatre Anneaux: le cache autoradio aluminium gravé TT est du plus bel effet, tout comme les cerclages d’aérateurs ou les renforts de la console centrale, faits du même matériau. Le cuir de sellerie est d’excellente qualité. Même après plusieurs années, l’habitacle est exempt de tout rossignol. Le confort de roulement est préservé, malgré des suspensions sèches sur mauvais revêtement: les axes autoroutiers restent sont principal terrain de jeu. Les « places » arrière peuvent accueillir deux enfants pour de courts trajets. Autre argument « raison », le coffre propose un volume de chargement correct (tou est relatif, bien entendu) une fois la banquette rabattue.
A l’exception de la rare 1,8 T 150 ch, l’équipement est complet: ASR (antipatinage), ESP (depuis 200), ABS, EBV (répartiteur de freinage), 4 airbags, sellerie cuir et système audio sont fournis de série. Les 225 ch et 250 ch reçoivent en plus l’ordinateur de bord, les phares Xénon et des jantes 17p chaussées en 225/45 (16p et 205/55 pour les 150 et 180 ch). Quelques mesquineries subsistent, comme la capote électrique en option sur la TT roadster.
Côté portefeuille…
La TT est une sportive à taille humaine, y compris pour les coûts d’utilisation: comptez environ 8,5 l/100 km en cycle mixte pour un 1,8 T 180 ch, et 9,4 l pour un 225 ch. En boîte DSG, le V6 3,2 ne demande pas plus de 10 l/100 km en conduite normale. Les pneumatiques bénéficient d’un bonne longévité (jusqu’à 70 000 km selon utilisation) et ne sont pas spécialement onéreux à remplacer: environ 190 euros pour un train en 205/55/16, et 280 euros en 225/45/17. Bon nombre d’éléments sont partagés avec d’autres modèles de la gamme, d’où un budget d’entretien relativement limité. Les plaquettes av/ar sont respectivement facturées 220 et 130 euros la paire. Un silencieux 600 euros hors pose (pour la main d’oeuvre, tout dépend de la concession sollicitée: entre Paris et la province, les taux horaires peuvent varier du simple au double). La distribution doit être changée tous les 5 ans ou 120 000 km (sauf pour le V6, équipé d’une chaîne) et vous coûtera environ 700 euros (kit complet distribution, pompe à eau, courroie d’accessoires). Dans une concession parisienne, la révision annuelle avec vidange s’élèvera à 230 euros. Globalement, les pièces d’usure jouissent d’une bonne longévité.
Quelques précautions, cependant
La base mécanique de l’Audi TT est saine et éprouvée. Quelques rares cas de casse de turbo sont à relever, le plus souvent dûs à une utilisation et un entretien inadéquats. Comme pour tout moteur suralimenté, il est indispensable de le laisser tourner après une forte sollicitation (lubrification du turbo). Le seul problème majeur concerne le porte-instrument, sujet à des bugs électroniques jusqu’en 2002 (allumage intempestif de témoins, aiguilles inopérantes). Les 1ers millésimes ont connu des cas sporadiques de disques voilés prématurément, généralement pris en charge par le réseau.Comme pour tout véhicule à dimension sportive, l’attention devra se porter sur les liaisons au sol et la direction: tout jeu suspect est à fuir comme la peste, d’autant que les rotules sont un point sensible chez VAG.
Une TT bien entretenue peut sans problème afficher des kilométrages élevés et avoir de beaux jours devant elle. Il n’est pas rare de rencontrer des exemplaires de plus de 200 000 km avec bon nombre d’organes d’origine. Veillez donc tout particulièrement au suivi du carnet d’entretien.
Une TT 180 ch de 1999 ayant parcouru 100 000 km se négocie aux alentours de 11/12 000 euros. Privilégiez un modèle 225 ch de 2003, à la fiabilité exemplaire : comptez 18 000 euros pour une 1ère main en parfait état avec 60 000 km au compteur. A l’heure actuelle, les V6 3,2 se trouvent rarement à moins de 20 000 euros.
A voir: annonce Audi TT d’occasion
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