En 2006, Audi proposait une TT nettement plus aboutie que la précedente génération. Le « Tourism Trophy » a gagné en maturité et en agrément : même avec quelques kilomètres, cette deuxième phase de TT est un excellent cru. Pour quelques euros de moins…

Difficile de remplacer une icône… Avec la seconde mouture de TT, Audi n’a pas vraiment pris de risque : en reconduisant les éléments stylistiques chers aux anneaux, la TT deuxième du nom a évolué dans la continuité de la marque. Extérieurement, elle affiche le même dynamisme raffiné que les autres productions d’Ingolstadt. Prenant le pas d’une devancière vieillissante sur le plan technique en juin 2006, l’actuelle TT fait oublier le comportement ( trop? ) neutre et les dessous d’Audi A3 ( et de Golf IV… ) de la TT mk1. L’apparition d’un nouveau châssis ne signifie pas pour autant que la TT s’est muée en roadster ludique façon Lotus Elise, loin s’en faut. Avec un train arrière vissé au sol, le comportement se montre sécurisant, légèrement sous-vireur. Parfait pour le novice, frustrant pour le pilote averti : la TT reste une traction! Dans un premier temps, seul le V6 3,2 l était disponible en Quattro. Moteur en position transversale oblige, la TT doit se contenter d’un différentiel Haldex, donc d’une transmission intégrale non-permanente : 90% du temps, le couple est réparti sur le seul train avant. Très sain, le châssis ne réserve aucune surprise et fait preuve d’une grande facilité de conduite. Le train avant ( Mc Pherson, tout aluminium ) est nettement plus incisif. Un gros travail a été réalisé au niveau de la structure de l’auto : malgré des dimensions orientées à la hausse, le poids reste contenu ( 1260 kg ) grâce au recours massif à l’aluminium ( 69 % de la carrosserie ). La rigidité en est accrue, y compris sur le roadster ( apparu en 2007 ). Seul bémol, l’amortissement un peu souple reste typé Audi, sauf pour les modèles équipés de l’option Magnetic Ride : cette suspension adaptative fait appel à des particules magnétiques baignant dans l’huile des amortisseurs, activées par une tension électrique qui en modifie la densité. Déjà recontré sur les Corvette et 599 GTB, ce système permet un amortissement tour à tour feutré ou sportif, en fonction de la conduite adoptée.

Sous le capot, on retrouve des motorisations inaugurées par l’A4 d’ancienne génération ( b7 ) : le 4 cylindres suralimenté 2.0 TFSI est déjà à son aise. 6,6s suffisent pour atteindre 100 km/h, et le couple de 280 Nm dès 1800 trs/mn autorise des relances à faire pâlir les inconditionnels du mazout. Jouer de la boîte de vitesse ( agréable, mais un peu accrocheuse ) n’est donc pas indispensable. Musicale à haut régimes, la sonorité est très plaisante pour un simple « quatre pattes » ( la zone rouge affiche fièrement ses 7000 trs/mn ), mais aurait pu être un peu moins quelconque en bas du compte-tours. Avec le VR6 ( V6, mais disposition des cylindres en quinconce ) 3.2 l, la TT gagne en noblesse et dispense un agrément de conduite différent : un peu plus rond, ses 250 ch permettent un 0 à 100 km/h en 5,7s. Les reprises évoluent peu et pâtissent du surpoids de 170 kg, malgré 320 Nm de couple. Depuis peu, une turbulente TT-S reprenant le 2.0 TFSI porté à 272 ch est disponible au catalogue.

Au quotidien

Loin d’être une sportive pure et dure, la TT propose des prestations dynamiques suffisantes pour un usage quotidien. A l’usage, le coupé est relativement polyvalent, même si les places arrière sont symboliques. La position de conduite est excellente, ajustable à l’envi, mais la visibilité reste perfectible ( surtout vers l’arrière, comme sur sa devancière ). Les occupants devront s’accomoder d’une ceinture de caisse au niveau du menton, donnant l’impression de voyager dans une baignoire. Pas désagréable, mais demande un temps d’adaptation. Héritage Audi… A l’image du sympathique volant à méplat, le souçi du détail porte bien les gènes d’Ingolstadt : le grain de la planche de bord est du plus bel effet, et les aérateurs ronds en alu, déjà rencontrés sur la 1ère TT tranchent avec l’austérité habituelle de la marque. Il est vrai que sans céder à la fantaisie, les Anneaux nous habituent à des habitacles un peu plus chaleureux ces derniers temps. Inutile de s’étendre sur la question, la finition et les matériaux savamment moussés sont au sommet : au claquement mat de la porte, tout semble fait pour durer des siècles. L’équipement va à l’essentiel, avec 6 airbags, ABS, ESP, EBV, système audio, clim auto. Eclairage dynamique Adaptive Light, radar de recul, phares xénon, GPS… la liste d’options fourmille de bonnes intentions, à condition de faire grimper sensiblement la facture.

Fiabilité

Le bilan après deux ans de carrière est globalement positif et permet d’envisager un achat sans surprise en occasion. Connues sur d’autres modèles du groupe et largement éprouvées, les mécaniques affichent une fiabilité à toute épreuve. Seul le 2.0 l TFSI a connu un problème d’étanchéité de climatisation sur les premières TT sorties des chaînes, rapidement corrigé en après-vente ( rappel fin 2006 ). Le V6 3.2 FSI vit une carrière tout à fait sereine. Les premières transmission S-Tronic ont fait l’objet d’une action technique visant à revoir des cablages défectueux. Rien de rédhibitoire, les rares exemplaires concernés ayant été soit rappelés, soit modifiés lors d’un passage en atelier. Les quelques défauts de jeunesse tiennent davantage à l’électronique embarquée : certains GPS capricieux ont du être reprogrammés. La climatisation automatique peut parfois manquer d’efficacité, surtout en désembuage, nécessitant le remplacement d’un servomoteur. Conscient de ces quelques souçis, le réseau se montre désormais conciliant envers les propriétaires de TT. A noter qu’un rappel a dernièrement été lancé, concernant une mauvaise fixation des garnitures de ceintures de sécurité : en cas de choc, celles-ci peuvent se décrocher. En France, 55 véhicules sont concernés. Extérieurement, la réalisation ne prête guère le flanc à la critique. Seuls quelques cas de condensation dans les blocs optiques ( généralement remplacés sous garantie ) et de blocage du spoiler de coffre sont à déplorer.

La décote des premiers millésimes permet des opportunités intéressantes. En entrée de gamme, la TT est affichée à près de 35 000 € en neuf. Agé de deux ans, un 2.0 TFSI se négocie pour 26 000 € avec environ 30 000 km. A l’usage, rien de ruineux : la consommation de 8.0 l/100 km en cycle mixte ( en conduite normale ) plaide en faveur du 2.0 TFSI, contre 10,5 l pour le V6 3.2.

A voir : Audi TT d’occasion

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