Apparue en 1996, la XK8 est restée une authentique Jaguar malgré l’entrée du constructeur sous la tutelle du groupe Ford. Fiable et désormais accessible à des tarifs démocratiques en occasion, le félin demande toutefois un budget d’utilisation conséquent : à garder à l’esprit avant de craquer.
Sous le capot de la Jaguar XK8, on retrouve un V8 4.0 de 293 ch associé à une transmission ZF 5 rapports, brillant surtout par sa douceur de fonctionnement. Harmonieux, envahissant à l’envi mais toujours distingué, le feulement du V8 n’a rien à voir avec la bestialité d’un gros bloc de Maranello. Particulièrement onctueux, ce bloc tout aluminium permet d’excellentes performances sans pour autant transformer la XK8 en sportive. Pour cela, il faudra se tourner vers la XKR de 406 ch! La vitesse de pointe culmine à 250 km/h ( limité ) et le 0 à 100 km/h demande 6,6s. Pour le 4.2 de 304 ch, le même exercice est réalisé en 6,4s. Apparue lors du remaniement en 2002, cette nouvelle motorisation reçoit une transmission 6 rapports un peu plus rapide, mais toujours aussi douce. Nettement plus typée GT, l’anglaise souffre d’un poids conséquent ( 1685 kg ) et d’un amortissement certes confortable, mais trop souple. Un mal partiellement corrigé avec l’amortissement piloté CATS ( optionnel ). Le comportement du cabriolet est encore moins à la fête : à un poids accru de 90 kg s’ajoute une rigidité torsionelle imparfaite. Idéal pour cruiser le long de la plage, moins pour les enchaînements de virolos dans les Alpes.
Qualité et vie à bord
L’entrée du constructeur britannique dans le giron Ford en 1990 s’est traduite par une qualité de fabrication et une fiabilité en net progrès. Revers de la médaille, les productions de Coventry ont perdu en exclusivité ce qu’elles ont gagné en qualité. Jusqu’alors, une Jaguar était Jaguar jusqu’au bout de la moindre vis. Le coupé XK n’échappe pas à la standardisation instaurée par la maison mère : certaines commandes respirent un peu trop la grande série… Heureusement pour les amateurs du genre, l’ambiance reste typiquement british, avec bois et cuir à profusion, ainsi que la fameuse grille en J de boîte auto. L’intérieur vieillit correctement, même si certains plastiques détonnent dans un habitacle aussi raffiné. A noter que dans certaines teintes claires, le cuir a tendance à se craqueler. Chaleureux, l’intérieur l’est d’autant plus qu’il affiche complet côté équipement : bon nombre de modèles disposent de la sellerie électrique chauffante, radio CD…
Fiabilité et coût d’usage
La fiabilité de la XK8 a de quoi faire oublier l’avalanche de déboires rencontrés sur les Jaguar précédant l’ère Ford. Désormais, les pompes à eau et autres accessoires électriques présentent une durée de vie normale! En dépit de quelques soucis isolés, la base mécanique est saine et permet d’envisager sereinement l’achat d’une XK8 d’occasion, à condition que la voiture ait été soignée sans lésiner sur les frais : cette Jaguar se montre exigeante en entretien, et préfère les ateliers spécialisés aux centres auto. Parmi les principales préconisations, prévoyez une vidange tous les ans ou 15 000 km, et une révision complète tous les 30 000 km. Le surpoids de la voiture n’arrange rien : les pneumatiques en 245/50 ZR 17 ( surmonte optionnelle en 18″ ) dépassent rarement les 30 000 km, et se monnayent environ 550 € la paire non montée. Heureusement, la distribution par chaîne évite un poste de dépense supplémentaire.
Sur les modèles produits jusqu’en 1998, un défaut de traitement Nikasil des pistons a pu entraîner quelques cas de casse moteur. Les lèves-vitres ont connu quelques pannes jusqu’au remaniement de 2002. Seule la boîte de vitesses 5 rapports ( jusqu’en 2002 ) pâtit d’une longévité limitée. Attention, si le modèle convoité affiche plus de 100 000 km : le remplacement de la transmission est facturé près de 8000 €. Pour l’identification, le n° de série est frappé à la base du pare-brise et doit concorder avec la carte-grise.
Les coupés XK8 ont subi une décote assez prononcée : aujourd’hui, un bel exemplaire de 1998 avec moins de 100 000 km peut se trouver aux alentours de 20 000 €. Comptez en moyenne 4000 € de plus pour un cabriolet dans les mêmes conditions. Pour profiter pleinement de la XK8, il sera préférable de se tourner vers un 4.2 d’après 2002, négociable à partir de 28 000 € ( modèle 2002, 90 000 km ).
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