Plus belle voiture de l’année 2001… C’est vrai qu’elle a de la prestance, la S-Type, surtout dans cette turbulente version R. Avec l’arrivée récente de la XF, cette jeune retraitée accuse une décote un peu plus prononcée : la S-type R est devenue une alternative abordable aux ténors d’ outre-Rhin.

Avec la S-Type, Jaguar est descendu en gamme. Jusqu’alors, les berlines du constructeur britannique se résumaient aux somptueuses XJ. Pour tenir tête aux Classe E AMG et Audi RS, Jaguar se devait de proposer une version survitaminée de la S-Type. C’est chose faite en décembre 2001, au lancement de la S-Type R. Esthétiquement, les retouches apportées à la belle anglaise sont discrètes : calandre grillagée, légers appendices aérodynamiques… L’élégance so british du félin est préservée. Seules les jantes 18p laissent entrevoir d’imposant disques de 365 et 335 mm pincée par des étriers estampillés R…

Derrière la calandre ovale façon Mark II, on trouve un V8 4,2 l gavé par un compresseur Eaton. Résultat des courses, 406 ch et un couple de 553 Nm délivré à 3500 trs/mn! Il en résulte une très grande douceur de fonctionnement et une disponibilité époustouflante. Certes, les chiffres peuvent paraître modestes comparés aux productions de Munich ou Stuttgart, mais l’agrément procuré par la plage d’utilisation conséquente et les reprises canon compensent le déficit de puissance ( les RS6, E 55 AMG et M5 affichent respectivement 450, 476 et 507 ch ). Jamais brutale, la S-Type est pourtant capable de chronos respectables : 6s pour le 0 à 100 km/h, 26,6s pour le kilomètre D.A… La vitesse de pointe est bridée à 250 km/h, comme pour la plupart de ses concurrentes. La transmission est confiée à une boîte automatique ZF 6 rapports qui s’accorde bien avec l’esprit de la S-Type : rapide, douce et préservant un excellent compromis confort/efficacité.

Sans être d’une agilité à toute épreuve, la S-Type R reste stable et contient bien le roulis. Prévenante, la S-Type R rapellera son caractère de propulsion dès que la route commencera à tournoyer. A fortiori sur chaussée humide, et ce malgré l’ESP. Sans le contrôle dynamique de stabilité et l’amortissement piloté CATS, heureusement fournis de série, le tableau serait beaucoup moins favorable : le châssis doit tout de même encaisser 1860 Kg et une répartition des masses mettant à mal le train avant.

Vie à bord

Comme pour l’extérieur, l’habitacle ne reçoit que de discrètes marques d’exclusivité. Malgré un dessin sportif, les sièges manquent de maintien mais préservent un excellent confort. L’espace dévolu aux occupants est idéal pour quatre adultes et le coffre suffisamment logeable pour les départs en vacances. On ne peut que louer l’abandon des boiseries beiges un peu trop clinquantes au profit d’ inserts en érable gris anthracite : l’association avec le cuir bicolore est du plus bel effet. Et la présentation de la S-Type a nettement progressé depuis le restylage de fin 2001, date d’apparition de la R : la planche de bord est désormais moins massive et les matériaux ont progressé. Dommage en revanche que certaines commandes soient empruntées à d’autres production du groupe Ford, rentabilité oblige. Malgré ces détails de finition, assemblages et matériaux vieillissent correctement ( hormis certains cuirs des assises de sellerie ). L’équipement est complet et propose son lot de raffinements, tels que réglage électrique du pédalier, GPS, sièges électriques chauffants…

Avant l’achat…

En occasion, cette S-Type R est une alternative intéressante aux références allemandes du genre. Déjà moins chère que ses rivales en neuf ( 70 000 € en 2003 ), la R subit une décote importante : ces S-Type sont peu demandées et malgré leur rareté, il n’est pas difficile de trouver un beau modèle de 2002 pour 25 000 €, avec moins de 80 000 km. L’exception au prix d’une Laguna… Attention à ces tarifs alléchants, qui ne doivent pas faire oublier un coût de fonctionnement en rapport avec le niveau de gamme de l’auto. Il faudra satisfaire l’appétit de cette Jaguar : près de 13 l/100 km en cycle mixte sans faire parler la poudre, et environ 20 l en ville. L’entretien doit se montrer à la hauteur : il sera impératif de faire suivre votre S-Type R dans le réseau et de respecter ses préconisations ( vidange et révision tous les ans ou 15 000 km ) . Avec plus d’ 1,8 tonne sur la balance, pneumatiques et freins ne sont pas à la fête… Un train avant ( 245/40 ZR 18 ) est facturé environ 500 €, et 650 € pour un train arrière ( 275/35 ZR 18 ) en Michelin Pilot Sport PS2 ( remplacement tous les 20 000 km ). Comme pour toutes les Jaguar actuelles, pas de souci majeur niveau fiabilité. Seul un rappel concernant le boîtier de papillon a été mené par le réseau, à vérifier. La distribution par chaînes ne demande pas d’intervention particulière. Autre poste non négligeable, l’assurance, surtout pour un conducteur n’affichant pas des états de service irréprochables. La prime annuelle en tous risques s’élève à 1300 € en moyenne en Ile de France, pour un conducteur de 40 ans avec 50 % de bonus.

A voir : Jaguar S-Type d’occasion

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