Souvenez-vous des Mercedes 190 2.3 et 2.5 16, ces familiales bodybuildées aujourd’hui un peu surranées… Quelques années après leurs heures de gloire, les C 36 et C43 AMG ont pris le relais. Aujourd’hui abordables, ces Classe C sont en passe de devenir collector.
Quoi de plus banal qu’une Classe C W202 dans notre paysage automobile actuel… Apparue en 1993, la première génération de Mercedes Classe C s’est répandue avec les très sages motorisations 220 D ou 180. Plus confidentielle, une C36 AMG ( C43 à partir de 1997 ), première AMG de série, chapeautait la gamme. Sous des dehors très classiques se cache pourtant un caractère bien trempé, du moins pour la C43 AMG. Car la boite automatique 4 rapports des premières C36, trop lente, étouffe les bonnes intentions du 6 en ligne. Un mal partiellement réparé en 1996, avec l’adoption d’une boite 5 rapports sur les dernières C36 produites, gage d’une plus grande souplesse. Sous le capot de la C36, on retrouve le 6 en ligne issu de la 280, à la cylindrée portée à 3,6 l. Des pièces mobiles et un échappement revus sont également au programme. Forte de 280 ch, la C 36 AMG se pose en concurrente directe de la BMW M3 e36 3.0… sur le papier : la C36 est nettement moins turbulente et davantage typée routière. Et elle affiche près de 100 kg de plus sur la balance… Les performances sont pourtant convaincantes, avec un 0 à 100 km/h en 6,6 s et un kilomètre D.A en 26,4 s. En fait, la C36 privilégie le couple et la souplesse moteur : 400 Nm disponibles à 4000 trs/mn, tout de même.
Le comportement routier est à l’unisson du caractère moteur : efficace mais sans réelle sportivité, et le freinage manque d’endurance en conduite sportive. Les liaisons au sol sont reprises du châssis sport de la C280 : train avant triangulé, essieu multibras à l’arrière, le tout rabaissé de 10 mm par le biais d’amortisseurs à gaz spécifiques. Campée sur des jantes de 17″ chaussées en 225/45 et 245/40, la C36 bénéficie d’une adhérence et d’une motricité sans surprise, hormis sur sol mouillé et chaussée dégradée. Malgré un amortissement ferme, la compromis confort / efficacité est exceptionnel. Il faudra tout de même prendre garde à ne pas réaccélerer trop tôt en sortie de courbe, sous peine de s’attirer les foudres de l’antipatinage ASR, heureusement fourni de série.
Avec le restylage de 1997, la Classe C gagne encore en noblesse et la C36 disparaît au profit de la C43. Le V8 4.3 déjà connu sous le capot des E430 remplace avantageusement le 3.6. Après un passage à Affalterbach, 306 ch, 420 Nm à 3250 trs/mn et une boîte auto plus aboutie sont au programme. Les performances évoluent peu ( 0 à 100 en 6,4 s ) mais l’agrément fait un pas de géant : plus souple, plus mélodieux, le V8 transfigure la discrète berline.
Vie à bord
Au milieu des années 90, l’équipement des classe C se réduisait au strict minimum : pour disposer d’un niveau d’équipement décent, il fallait piocher dans l’interminable liste d’options, tradition Mercedes par excellence. Sur les premières C36, climatisation auto, cuir ou volant réglable étaient optionnels! Les Mercedes AMG sont souvent pourvues du pack de personnalisation Designo : inserts, types et couleurs de cuirs pouvaient être réalisés « à la carte ». Généralement, les C43 sont très richement dotées.
La finition est conforme aux standards Mercedes de l’époque, mais l’ambiance n’est pas à la fête. Seule différence par rapport à une Classe C conventionelle, compteurs blancs, volant et sellerie sont estampillés AMG. Pour le reste, rien ne change et on retrouve la même austérité monacale : une planche de bord raide comme la justice, des formes rectilignes et des matériaux indestructibles. Les assemblages sont du même ordre: rigoureux, ils encaissent bien les outrages du temps. Les rossignols restent rares, même sur des exemplaires fortement kilométrés. Fatalement, un habitacle de 15 ans d’âge aura du mal à masquer le poids des ans, mais les éventuelles traces d’usure n’auront pas de quoi inquiéter.
Toute AMG qu’elle soit, la C36 / C43 reste une familiale dans l’âme : l’habitabilité est correcte pour 4 ( l’imposant tunnel de transmission dissuade d’entreprendre des longs trajets à 5 ), dans la moyenne de la catégorie. Et avec un volume de coffre honorable, cette AMG tient tout de la « familiale de sport ». En tous cas, la C36 / C43 se montre plus accueillante que sa concurrente M3 E36.
A l’usage
Bon nombre de modèles franchissent sans souçi le cap des 300 000 km. Un gros kilométrage ne doit pas vous effrayer tant que l’entretien et l’historique montrent patte blanche. Fuyez les modèles ayant connu plus de deux propriétaires, et soyez patients lors de vos recherches : les W202 AMG ne courent pas les rues.
Pour en profiter le plus longtemps possible, mieux vaudra opter pour un modèle de moins de 100 000 km. Le 6 cylindres comme le V8 affichent une robustesse hors pair, comme la plupart des Mercedes de l’époque. Hormis des cas de claquements de poussoirs d’arbres à cames sur les premières C36, aucun souçi n’est à déplorer. La distribution par chaîne, ne nécessitant pas d’intervention, contribue à la fiabilité générale. Une vérification tous les 150 000 km est toutefois recommandée. Autre point rassurant, la boite automatique des C36, peu réactive, n’incitait pas à maltraiter la mécanique. Lors de vos recherches, il faudra surtout se concentrer sur l’état général de la carrosserie : les éléments AMG se monnaient au prix du caviar, et il s’agira de débusquer toute trace d’accident réparé à la va-vite. Attention également aux disques de freins avant, qui ont tendance à se voiler facilement ( 400 € la paire, hors pose ). Autre point important, l’état de la boite de vitesse : tout bruit suspect est à fuir, son remplacement étant hors de prix.
Les pneumatiques de dimensions généreuses ( pour l’époque ) ne sont pas donnés mais se montrent plutôt endurants : sans faire d’excès, un train pourra tenir 50 000 km. Les adeptes des passages en force prévoieront un remplacement tous les 20 000 km. Pour l’avant : 380 € environ, en Michelin Pilot Sport 225/45 ZR 17; pour l’arrière : 500 € en 245/40 ZR 17.
Aujourd’hui quelque peu délaissée sur le marché de l’occasion, les W202 AMG gagnent pourtant à être connues : la décote importante permet désormais de trouver une des premières C 36 pour à peine plus de 10 000 € ! Mais les éventuels coûts de réfection et l’entretien interdiront cette AMG aux budgets modestes. Il vaudra mieux s’orienter vers une des dernières C43, nettement plus plaisante malgré un coût d’utilisation plus élevé. Côté consommations, le V8 4.3 l demande au bas mot 14 l/100 km. Pour une première main à l’historique limpide, comptez environ 20 000 €. A ce prix, vous trouverez une C43 AMG de 2000 avec moins de 80 000 km. Soit un rapport prix/plaisir au beau fixe, et l’accès au mythe AMG à prix d’ami…
A voir : Mercedes Classe C AMG d’occasion
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