
La légendaire Delta s’adresse avant tout à un public de passionnés. Proposée à des tarifs accessibles en version Integrale HF, l’affaire est tentante. Mais l’auto est rare, et pour que le plaisir reste entier, il faudra se montrer prudent lors de l’achat.
Impossible d’oublier sa ligne anguleuse et agressive à souhait, indissociable des spéciales de rallye dans la désormais cultissime livrée Martini Racing… Par rapport à une 4WD 165 ch, la 8 V intègre des ailes plus larges, toujours un capot plat mais avec une prise d’air, des phares avant plus puissants, et des pneumatiques en 195/55/15. Voilà pour les présentations.
Forte de 185 ch, la Lancia Delta HF Integrale fut produite de 1987 à fin 1988. Autant dire que cette carrière éphémère n’a pas aidé sa diffusion : seuls 2700 exemplaires furent produits. Considérée comme la plus authentique et la plus brutale des Delta, la Integrale HF est propulsée par un 4 cylindres 8 soupapes de 2 litres, couplé à un turbo Garett soufflant à 1 bar. Les puristes ne tarissent pas d’éloge sur ce 4 cylindres, considéré comme l’un des moteurs les plus stables, grâce à la présence de deux arbres d’équilibrage. Sur ce point, il s’approche d’un 6 en ligne BMW… Disposé en position transversale, ce bloc est associé à une boîte 5 rapports à l’étagement un peu plus court que sur la simple 4WD 165 ch, d’où une vitesse de pointe de « seulement » 215 km/h. Les accélérations sont au beau fixe : 6,6 s pour le 0 à 100 km/h et 27,1 pour le 1000 m D.A. La consommation moyenne s’établit à près de 14 l / 100 km en moyenne, mais le réservoir de 57 l ( conséquent, pour la catégorie ) permet une autonomie correcte.
Sur la route, on retrouve un comportement rigoureux et terriblement efficace : on n’est pas champion du monde des rallyes 6 fois de suite pour rien… Direction semi-assistée, embrayage rude : pas de doute, la Delta aime être menée virilement. La transmission intégrale répartit le couple à hauteur de 56 % vers le train avant. Neutre dans la plupart des situations, la Delta deviendra légèrement sous-vireuse à l’approche de ses limites.
Vie à bord
L’habitacle semble mieux vieillir que dans les autres productions italiennes des années 80 ( pas vraiment difficile… ). Au bout de 20 ans, les tissus présenteront des traces d’usure mais tiennent bon, mieux en tout cas que le fragile alcantara. Et les plastiques, bien que très basiques, s’avèrent assez robustes. Mais les rossignols chantent un peu partout. Des semi-baquets à l’instrumentation complète ( voltmètre, t° d’eau, huile, pression d’huile, turbo, ordinateur de bord… ), l’habitacle dévolu au sport ne manque pas de charme et fait oublier des assemblages approximatifs.
Question équipement, pas de surprise : la Delta propose des vitres électriques et la fermeture centralisée, mais la climatisation n’était disponible en option qu’à partir de 1989. Pour une voiture de l’époque, la dotation est plutôt riche et la mythique Lancia se montre accueillante : l’habitabilité est correcte et permettra à 4 occupants de voyager dans un confort acceptable. Les plus grands souffriront malgré tout d’une garde au toit réduite à l’arrière.
Fiabilité et entretien
Largement éprouvé en compétition, le 4 cylindres 2 litres fait preuve d’une étonnante robustesse tant qu’il est convenablement soigné. Attention aux niveaux, à contrôler fréquemment, et surtout aux temps de chauffe. Le moteur est conçu pour être fortement sollicité, mais uniquement parvenu à température. Il s’agira de ne pas lésiner sur l’entretien courant : selon l’utilisation, l’idéal est d’effectuer une vidange tous les 5 / 7 000 km. Les courroies sont au nombre de deux et doivent être remplacées tous les 40 000 km : une principale arbre à cames / vilebrequin, et une pour les arbres d’équilibrage. Bon nombre de modèles ont subi des optimisations techniques, ce qui ne pose pas de problème tant que le suivi reste sérieux. Le turbo peut montrer des signes de faiblesse au bout de quelques années, ce qui ne doit pas être alarmant sur une auto à vocation sportive : il faudra s’attendre à des réfections plus ou moins fréquentes en fonction de la conduite adoptée. Comme sur tous les moteurs suralimentés, il est impératif de le laisser tourner quelques instants au ralenti après une forte sollicitation. En principe, le turbo atteint sa pression maxi à 3000 trs/mn ( à vérifier ).
Pour les pièces d’usure, le budget s’avère raisonnable : les pneumatiques en 195/65 VR 15 ne sont pas ruineux et seront à remplacer tous les 15 / 20 000 km si fortement sollicités.
Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’on n’achète pas une Lancia Delta les yeux fermés. Lors des recherches, il sera préférable d’opter pour un véhicule en excellent état de carrosserie, même si la mécanique est fatiguée : les pièces moteur ne sont pas si rares et la relative simplicité mécanique facilite les réparations. A contrario, une auto touchée par la rouille ou ayant souffert en conduite sportive sera plus difficile à remettre en état. Les principaux points sensibles : baie de pare-brise, hayon, longerons et soubassements. Important également, vérifier la concordance des numéros de série avec ceux de la carte grise : une plaque constructeur se trouve sur la chapelle d’amortisseur avant droit.
Les Lancia Delta sont presque des espèces en voie de disparition : en trouver une demandera une bonne dose de patience et de prudence, a fortiori pour un exemplaire soigné. En moyenne, il faudra compter 8000 € pour un modèle sain. Soit nettement moins que les plus récentes Evo II, sans parler des nombreuses séries spéciales.
Tous nos remerciements à Gabriel Santos du club Delta Integrale Passion 75 pour ses conseils et l’essai de la Delta Integrale HF ici présentée.
Si ce modèle vous intéresse, il est à vendre : pour tout renseignement, vous pouvez nous contacter via l’adresse suivante : contact@sport-prestige.com
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