Depuis 2003, BMW propose à nouveau son interprétation du Grand Tourisme avec la série 6. Avec quelques kilomètres au compteur, ce gros coupé est devenu abordable. Fiabilité et agrément sont au rendez-vous : à part quelques souçis de jeunesse, l’achat d’une série 6 d’occasion s’envisage sans arrière-pensée.

Près de 15 ans que l’appelation série 6 avait été abandonnée… Depuis la disparition de la mythique 635 CSI en 1988, seule la série 8 occupait le rôle de GT au sein de la gamme BMW. Malgré de réelles qualités, le succès ne fut pas au rendez-vous. Pas assez sportif, coûteux à l’usage… En 2003, un gros coupé développé sur une base inédite voit le jour : le célèbre patronyme renaît, il s’appelera série 6, alias E63…

La BMW série 6 représente les points positifs de l’ère Bangle. Son coffre en promontoire façon série 7 peut déranger, mais la ligne est équilibrée et ses formes sont moins torturées que l’actuelle série 5. On retrouve les traditionnels éléments stylistiques BMW : large haricot horizontal, décrochement de montant C, court porte-à-faux avant… Du long de ses presque 5 mètres, la série 6 en impose. Principalement conçue pour le marché américain, ses proportions seront assez gênantes dans les centre-villes de notre vieux continent.

Pas de surprise sous le capot, l’offre disponible fait honneur au blason bavarois et aucune version n’est sous-motorisée. Le seul 6 cylindres de la gamme, sur la version de base 630 Ci, est un 3 litres de 258 ch. Pas de performances coup de poing, mais l’agrément et l’onctuosité du 6 en ligne sont bien là. La 645 Ci, version la plus répandue, fait appel au V8 4.4 l inauguré par la série 5 E39, porté à 333 ch à 6100 trs/mn. La sonorité du V8, presque typée Yankee, s’accompagne de performances confortables : 0 à 100 en 6,6 s, 250 km/h en pointe. Cette version est de loin la plus recommandable : au sommet de la gamme, la M6 et son fantastique V10 5 l de 507 ch reste chère, à l’achat comme à l’usage. Mais si votre budget le permet, fonçez…

Toutes les motorisations reçoivent une transmission manuelle 6 rapports. Sur les V8, une boîte automatique très réussie était disponible en option. La M6 s’en remet quand à elle à une boîte robotisée SMG 7 rapports.

En 2007, le remaniement est surtout sensible au volant ( les phares avant et le coffre subissent des retouches infimes ) : la 630 Ci passe à 272 ch et la 645 devient 650 Ci. Cubant 4,8 l, le V8 développe désormais 367 ch.

Sur la route, eh bien… la série 6 est une GT moderne, c’est à dire lourde ( de 1530 à 1710 kg ) et bardée d’électronique. Mener sportivement cette grosse propulsion n’a rien d’un exploit, sur le sec du moins. DSC ( l’ESP BMW ), antiroulis Dynamic Drive, contrôle de traction DTC… Le châssis, déjà très sain, gagne encore en précision et en efficacité. Mais ne laisse pas vraiment de place au pilotage : provoquer un survirage demandera quelques efforts. Un comble, pour une BMW… La série 6 reste fidèle à une tradition maison, dont on se serait bien passés : le freinage manque toujours d’endurance.

Vie à bord

La présentation fleure le très haut de gamme. Austère dans son dessin, l’habitacle vieillit bien et la qualité perçue est excellente. Mais à y regarder de près, dommage que certains détails ne soient pas à la hauteur des ambitions de la série 6 : la partie inférieure de la planche de bord fait appel à un plastique rigide pas très heureux et les comodos, fragiles, n’ont pas leur place sur un tel vaisseau amiral.

Autre critique : sur la 630 Ci, l’équipement de base n’inclut ni cuir ni régulateur de vitesse. Ceci dit, la plupart des acheteurs de série 6 ont allègrement pioché dans la longue liste d’options : les modèles proposés en occasion sont souvent très bien dotés. Pour un coupé 2+2, l’habitabilité est surprenante et les passagers arrière seront à leur aise, au prix de quelques contorsions toutefois.

Le restylage de 2007 a apporté son lot de raffinements technologiques en tout genres : en option, la série 6 peut disposer de l’affichage tête haute, de l’alerte de franchissement de ligne et autres « babioles » high-tech. A ce propos, l’ergonomie convient parfaitement aux moins de… 20 ans, plus habitués aux nouvelles technologies que leurs aînés : à moins de faire du manuel d’utilisation votre nouvelle Bible, les voies du I-Drive seront impénétrables.

Fiabilité et entretien

Sereine : voilà résumée l’existence des mécaniques de la série 6. Seul le V8 de la 645 Ci a fait l’objet d’un rappel en 2004. En cause : un problème de gestion électronique. Les désagréments touchent les dessous de l’auto : les disques se voilent facilement et sont assez chers ( environ 1200 € les 4 ). Un autre souçi, ayant engendré un rappel en 2006, concernait les amortisseurs arrière.

Attention au prix des pneumatiques, surtout pour les surmontes en 19″ ( 1000 € la paire environ, à changer tous les 30 000 km en moyenne ). Excepté pour la M6, l’entretien est relativement raisonnable : en Ile de France, comptez 250 € pour une révision complète, tous les 30 000 km. A moins d’être maltraité, l’embrayage peut tenir 100 000 km ( environ 1000 € pose comprise ). Des tarifs modiques qui plaident en faveur d’une 645 Ci. L’entretien d’une M6 demandera environ 35 % de plus.

Très chère en neuf ( 66 950 € en 630 Ci, 87 000 € en 650 Ci ), la série 6 présente d’excellentes opportunités sur le marché de l’occasion. Moins demandées qu’un Mercedes SL ou qu’une Jaguar XK, la décote est importante. Dès 35 000 €, on peut trouver une 630 Ci avec moins de 100 000 km. Ces versions d’appel sont toutefois rares, et le marché de l’occasion fait la part belle à la 645 Ci et à son V8, pas beaucoup plus chère : comptez environ 38 000 € pour un beau modèle de 2004 affichant 80 000 km. Les M6, plus onéreuses, demanderont au bas mot 65 000 € pour un des premiers modèles ( 2005 ).

A moins d’être un fanatique de découvrables, le cabriolet n’est pas spécialement à conseiller : le surpoids lié aux renforts est de plus de 200 kg! Et la rigidité structurelle, excellente sur le coupé, n’a rien de sportif sur la série 6 cabriolet.

A voir : BMW série 6

A lire également :

Print This Post Print This Post