Plus bourgeoise que sa devancière 2.7 bi-turbo, la S4 b6 et son V8 4.2 a pourtant nettement progressé en terme de qualités dynamiques. L’Audi S4 cru 2003 est aussi plus aboutie… et a terriblement décoté, pour le plus grand bonheur des amateurs.

Juin 2003. L’Audi A4 deuxième du nom est en lice depuis plus de 2 ans. Comme d’habitude à Ingolstadt, les versions S arrivent tardivement. Cela aura valu la peine d’attendre, un V8 dans une A4, c’est une première : Audi a fait rentrer au chausse-pied le bien connu V8 4.2 sous le capot de la familiale. Pour rappel, il s’agit du bloc tout alu à 5 soupapes / cylindre des A8 et RS6 ( sans la suralimentation ). Résultat : plus de turbo pour la S4, mais une mécanique noble à souhait forte de 344 ch et 420 Nm à 3500 trs/mn. Des valeurs que ne renierait pas un muscle-car Yankee… L’effet coup de pied aux fesses disparaît, mais on y gagne en douceur de fonctionnement. Les performances évoluent peu, prise de poids oblige : les 1760 kg sont tout de même propulsés à 100 km/h en 5,7 s. Linéaire, le caractère moteur bénéficie d’une sonorité flatteuse : rauque à bas régimes, le V8 monte dans les aigus avec un « glou-glou » évocateur. Dommage que l’insonorisation poussée prive de ce concerto pour 8 cylindres. L’étagement optimal de la boîte 6 rapports permet de tirer pleinement profit du couple démoniaque : 300 Nm sont déjà disponibles à 1100 trs/mn. En reprises, les V6 TDI ont de quoi trembler… En 2004, une boîte Tiptronic 6 rapports fait son apparition. Peu répandue sur les berlines et break Avant, cette transmission a surtout séduit les acheteurs de S4 cabriolet.

Moins brutale et plus bourgeoise, la S4 V8 a tout de même gagné en rigueur de comportement. De gros efforts ont été accomplis sur le châssis, désormais plus incisif. Le train avant n’a pas encore la même précision que sur une BMW M3, mais la S4 s’accomode mieux des enchaînements de virage. La direction Servotronic asservie à la vitesse y est pour beaucoup.

Le compromis facilité de conduite / efficacité est le gros point fort de cette S4 : sans surprise, le Quattro ( Torsen, donc intégrale permanente ) est reconduit. Mais le sous-virage reste marqué en situation extrême. Le reste du temps, la S4 brille par sa neutralité : rassurant, à défaut d’être ludique.

Même avec des étriers 2 pistons, le freinage est excellent et permettra des escapades sur circuit : mordant et endurance sont au rendez-vous, notamment grâce au Dual Rate, l’assistance au freinage à deux niveaux. La S4 est la première Audi à en bénéficier.

Esthétiquement, la S4 reste discrète. Parmi ses spécificités : double sortie d’échappement, léger spoiler de coffre, rétroviseurs chromés et jantes en 18p seront les principaux indices. En option, des jantes style RS4 étaient disponibles.

En 2005, la S4 subit le profond restylage du reste de la gamme A4. Un peu plus qu’un restylage, puisque l’intégralité des panneaux de carrosserie est redessinée. Cette génération ( b7 ) inaugure d’ailleurs la calandre Single Frame, désormais marque de fabrique Audi. Sous le capot, aucun changement n’est à signaler.

Vie à bord

Encore une fois, Audi réalise une démonstration de qualité de réalisation. C’est sûr, le sens de l’accueil n’est pas encore le fort des Anneaux : planche de bord sans fantaisie, habitabilité étriquée. On peut aimer, mais la haute ceinture de caisse donne l’impression de voyager dans une baignoire… En tout cas, les assemblages sont irréprochables et la finition font figure de valeur-étalon : plastiques moussés aux accostages parfaits, superbe cuir et alcantara Recaro, inserts aluminium ou carbone jouent la carte du sport chic. Seuls les logos S4 du vloant trois branches et du compte-tours gradué à 7000 trs/mn trahissent le pedigree de cette « gentille » A4.

En cherchant bien, quelques détails peuvent agacer : le revêtement des commandes de lève-vitres s’abîme au bout de quelques années et le bouton de boîte à gants est fragile.

Pour un prix d’appel de 58 000 € en 2003, l’équipement est pléthorique : clim auto bi-zone, sièges électriques, phares xénon, régulateur de vitesse, 6 airbags et système Audio CD. Le GPS Navi-Plus était en option, mais bon nombre de modèles en disposent.

Fiabilité et entretien

En passant de la RS6 à la S4, le V8 a troqué sa courroie de distribution contre une chaîne : la fiabilité et les coûts d’entretien y gagnent. Attention toutefois à des cas isolés de casse prématurée de courroie d’alternateur ( remplacement préconisé à 120 000 km ), sans conséquence heureusement sur le moteur et les accessoires.

Un bémol concernant les modèles 2003 : quelques modèles ont connu des casses moteur à de faibles kilométrages, la plupart du temps pris en charge par le constructeur. Moins grave, des cas de surconsommation d’huile ont été signalés. Le problème est connu, mais aucune action technique officielle n’a été entreprise par Audi. Autre point faible, les bobines d’allumage qui pouvaient rapidement rendre l’âme. En général, les remplacements ont été opérés sous garantie. A vérifier sur le carnet d’entretien qui devra être dûment complété. Hormis ces désagréments, la base mécanique est éprouvée et les S4 encaissent les kilomètres sans souçi.

V8 oblige, il faudra prévoir un budget d’entretien conséquent. Même en conduite normale, l’embrayage ne présente pas une longévité exceptionelle : comptez un remplacement à 100 000 km en moyenne ( environ 900 € pose comprise ). Pour l’entretien courant, les préconisations sont les suivantes : vidange et filtre à huile tous les ans ou 15 000 km ( de 250 à 350 € selon les ateliers ), filtre à essence et filtre à air tous les 30 000 km, bougies tous les 60 000 km. Prévoir aussi une vidange boîte / pont aux alentours des 100 000 km.

D’origine, la S4 reçoit des P Zero Rosso en 235/40/18, facturés environ 300 € / pièce. Pas donné, d’autant qu’ils partent en fumée assez rapidement : 20 000 km pour un train.

Dès 26 000 €, une S4 de 2003 avec moins de 100 000 km est négociable. La décote étant assez forte, il est préférable de s’orienter vers un modèle plus récent, pas beaucoup plus cher et plus fiable : comptez 30 / 32 000 € pour un modèle 2004 avec moins de 50 000 km. En berline ou en Avant, les tarifs pratiqués en occasion sont similaires. Un cabriolet S4 se négocie environ 10 % plus cher. Si vous cherchez à tout prix une b7 à calandre Single Frame, un modèle 2005 avec 40 000 km peut se négocier à 35 000 €.

Ceux qui ont connu la S4 b5 regrettent son v6 biturbo et sa relative sobriété. Le V8 de la S4 b6 demande en effet près de 13 l / 100 en cycle mixte… Et beaucoup plus en attaque ( jusqu’à 18 l )! Enfin, les assureurs n’aiment pas beaucoup les propriétaires de S4 ( V8 sportif, risques de car-jacking… ) : entre 1500 et 2000 € par an pour un conducteur de 30 ans.

A voir : Audi S4

A lire également :

Print This Post Print This Post