L’Alfa 156 est déjà commercialisée depuis 5 ans lorsque Alfa Romeo dévoile la 156 GTA. Avec force clins d’oeil nostalgiques, la turbulente italienne rend hommage au patrimoine sportif de la marque.
L’Alfa du renouveau… Une renaissance à l’italienne qui s’est orientée vers la qualité en visant les références germaniques. Pour Alfa Romeo, c’était quitte ou double : la 156 devait sauver le constructeur d’une situation économique préoccupante. Mission accomplie, et la gamme 156 s’enrichit d’une caractérielle version GTA en 2002.
Une Alfa se doit avant tout d’être belle : la 156 a inauguré un design osé, mais typiquement dans l’esprit maison. En la contemplant, on en verrait presque les coups de crayon sur la planche à dessin de Walter Da Silva, alors qu’il sévissait du côté de Milan. Souvenez-vous : la fin des années 90 a marqué le début de la tendance néo- rétro du design automobile. New Beetle, PT Cruiser et plus tard Mini… L’Alfa 156 emprunte elle aussi au passé : poignées chromées très « vintage » et biscione ostensiblement dessiné renvoient au patrimoine de la marque. Mais surtout le sigle GTA, jadis associé aux Giulia. La comparaison s’arrête là , nous somme bien loin des 740 kg de la Giulia Sprint des 60’s : en cette fin de 20ème siècle, l’embourgeoisement ( donc l’alourdissement ) des sportives semble inéluctable.
Impossible de confondre la GTA avec une 156 classique : bas de caisse et boucliers spécifiques, mais surtout les désormais célèbres jantes à 5 anneaux 17″ sont le lot des 156 GTA. En option gratuite, des jantes à rayons étaient disponibles.
Penchons-nous sur le Cuore Sportivo de la transalpine : le V6 était encore 100 % Alfa Romeo, contrairement aux actuelles GT et Brera. Issu de la 166, la course a été augmentée pour afficher une cylindrée de 3,2 l. Mais pas seulement : plus qu’une simple optimisation, c’est l’ensemble des pièces mobiles qui a été retravaillé. Résultat, le cÅ“ur de la 156 GTA fait battre ses 250 ch à 6200 trs/mn. Très musical, il affiche un caractère d’authentique moteur Alfa : même si le régime de couple maxi à été ramené à 4800 trs/mn ( 300 Nm ), le V6 reste pointu et s’épanouit en haut du compte-tours. Les performances sont plus que correctes, avec un 0 à 100 km/h en 6,3 s et un 1000 m D.A en 26,9 s. Des chiffres inférieurs à ses concurrentes allemandes, mais la 156 est beaucoup plus généreuse en sensations. Y compris au niveau châssis : rien à voir avec une très sécurisante Audi S4. La 156 GTA fait preuve d’un comportement tout aussi efficace mais le renvoi d’informations est bien meilleur. Le pilote appréciera une direction incisive et très précise, plaçant le train avant au doigt et à l’oeil. On peut toutefois regretter qu’un blocage électronique du différentiel tienne lieu d’autobloquant. La 156 reste une traction et une tendance sous-vireuse apparaîtra vite à rythme soutenu : le train avant à fort à faire pour canaliser la fougue du V6 et demandera un peu d’expertise. Mais l’essentiel en conduite sportive, c’est le freinage, et la GTA ne trahit pas sa vocation. Les ingénieurs de Milan lui ont offert des disques de 305 mm pincés par des étriers Brembo 2 pistons, amplement suffisants pour arrêter les 1410 kg. Un poids conséquent, mais qui semble raisonnable en 2008. Terminons sur la transmission, confiée à une boîte manuelle 6 rapports précise, mais à l’étagement trop long pour les plus sportifs.
Vie à bord
Rien à voir avec les anciennes 155 ou 164, tant les progrès sont flagrants. Sans égaler les standards allemands, la finition a fait un pas de géant et toise désormais la production française. La planche de bord et les contre-portes adoptent un grain légèrement moussé et les assemblages sont corrects. Au fil des ans, on relèvera une usure des boutons de lève-vitre, une déterioration du couvercle d’airbag passager et des plastiques d’aérateurs pas très glamour. Hormis ces réminissences de l’ère « spaghetti », rien ne choque vraiment. Et grande première, les rossignols se font plus rares à Milan…
L’habitacle ne manque pas de charme mais semble avant tout dévolu au seul plaisir du pilote : console centrale tournée vers le conducteur ( à la manière des anciennes BMW ) et coiffée de trois petits manomètres, volant trois branches, pédalier alu sans oublier les doubles tunnels d’instrumentation qui raviront les motards… Les passagers arrière pâtiront d’une habitabilité juste correcte et d’un confort de suspension rudimentaire : sur mauvais revêtement, de désagréables trépidations se font sentir. Dommage, car la sellerie cuir de série est confortable tout en préservant un bon maintien. A propos de l’équipement, la transalpine est généreuse : clim auto bi-zone, radio CD et 4 airbags sont offerts de série.
Fiabilité et coût d’usage
Alfa Romeo semble être entré dans l’ère de la qualité. Le bilan est globalement positif, même si des désagréments subsistent. On relèvera des joints de porte à l’usure parfois rapide et un capteur ABS sensible à l’humidité. A l’intérieur, quelques souçis de ventilation sont à signaler.
Au niveau du châssis, les silent-blocs de barre stabilisatrice se déteriorent rapidement. Deux campagnes de rappel ont été menées : un collier de serrage d’alimentation défectueux touchait les modèles produits jusqu’en juillet 2002, et les GTA de fin 2002 souffraient d’un problème de renforts de suspensions avant.
De conception assez ancienne, le V6 est fiable mais demande un entretien rigoureux : les niveaux seront à vérifier de près. L’idéal est une vidange tous les 10 000 km, et surtout pas de sollicitation à froid! Parmi les problèmes mécaniques, la courroie d’accessoires est fragile. En parlant de courroie, la distribution est facturée 900 € ( avec pompe à eau ) et s’effectue tous les 80 000 km. Les V6 ne sont pas concernés par la distribution à 60 000 km, contrairement aux 4 cylindres Twin Spark. La sobriété n’est pas son fort : d’un bon 12 l / 100 km de moyenne en conduite coulée, la consommation grimpe facilement à 18 l en parcours urbain.
Un modèle affichant moins de 100 000 km est préférable : au delà , la fiabilité mécanique sera plus aléatoire ( accessoires, pompe à carburant, problèmes électriques… ). La 156 GTA est rare et s’adresse à un public restreint mais demandeur, d’où une cote relativement soutenue : un exemplaire de 2003 en parfait état avec 60 000 km se négocie 17 000 € au bas mot. Un prix pas excessif en soi, mais conséquent au vu de la décote habituellement infligée aux sportives essence.
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2 Réponses
FALGON
14|août|2008 1Juste un petit mot à l’auteur de cet article pour lui rappeler que l’actuelle coupé GT est bien équipé du V6 100 % ALFA !
Quelle erreur pour l’ALFISTE que je suis et pour tous les autres…
Antoine Arnoux
26|août|2008 2Effectivement la GT est encore motorisée par le V6 de 240 ch. Les autres V6 de la gamme Alfa ont cependant bien été remplacés par des blocs d’origine Holden ( General Motors ).
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