Quand Volvo s’essaye aux véhicules sportifs, c’est une berline puissante, efficace et néanmoins polyvalente et confortable qui se fait jour. Bien que méritante, la S60 R n’aura cependant jamais réussi à s’imposer dans l’histoire des berlines à hautes performances : sa carrière fugace et sa diffusion limitée n’y ont pas vraiment contribué, son identité sportive contenue non plus.
Durant les années 90, face à la pression générée par le développement des berlines sportives venues d’outre-Rhin, même les constructeurs les plus conservateurs, tel Volvo reconnu pour ses véhicules confortables, cohérents, solides et sûrs, en arrivent à proposer une déclinaison sportive de leurs modèles familiaux. C’est ainsi la démarche entreprise par Volvo en 1994 en présentant une série limitée de la 850. Baptisée T5-R, cette version disposait de 240 ch et se distinguait notamment par ses jantes anthracites. Dix ans plus tard, Volvo réitère l’exercice avec la S60 et le break V70, et va même plus loin en proposant une déclinaison R plus extrémiste des ces deux modèles.
Pour évoquer la Volvo S60 R, il eut été commode de se tourner vers les poncifs éculés en tirant parti de l’origine nordique de l’engin : « sous la glace, le feu ; les filles du nord ont le sang chaud… » Finalement, la berline sportive de la marque à la flèche se caractérise principalement par le fait qu’elle souffle le chaud et le froid. Sur le papier, la S60 R, lancée en 2003, affiche toutes les caractéristiques d’une sportive dernier cri grâce à une dotation technologique et technique digne des modèles les plus pointus. La S60 R embarque ainsi une transmission intégrale gérée électroniquement, mais surtout un châssis actif dénommé Four-C. Ce dernier dispose d’une gestion à trois modes : Advanced Sport, Sport et Confort. Selon les signaux envoyés par les différents capteurs (volant, vitesse, angle de lacet…), le système adapte le tarage des amortisseurs en calculant jusqu’à 500 fois par seconde la meilleure configuration pour un équilibre optimal. Sous le capot, c’est un bloc cinq cylindres de 2 521 cm3 qui prend place ; torturé par un turbo soufflant à 1 bar, il développe la puissance de 300 ch à 5 500 tr/min, mais surtout un couple conséquent de 400 Nm réparti entre 1 950 et 5 250 tr/min. La transmission est confiée soit à une boîte manuelle à six rapports, soit soit à une boîte auto à cinq rapports. Quant au freinage, ce sont quatre freins à disques ventilés de 330 mm pincés par des étriers en aluminium à quatre pistons Brembo qui se chargent de neutraliser les 1 515 kg de la S60 R. Au final, l’engin augure des prestations enthousiasmantes ; esthétiquement, pourtant, c’est la douche froide. La S60, comme toutes les Volvo, ne s’est jamais imposée comme un parangon d’agressivité ou d’excentricité ; son credo, ce serrait plutôt la berline « à papa » sage et élégante. Pour sa déclinaison R, l’on aurait toutefois pu s’attendre à une présentation un peu moins timorée. Las, la S60 R, hormis des jantes de 17 pouces chaussées en 235/45 ZR 17, des boucliers retravaillés et le logo R apposé sur la calandre, demeure assez effacée, et il en va de même pour le break V70.
Sur la route, la S60 R fait preuve d’une grande efficacité grâce à son châssis actif particulièrement doué bien secondé par le contrôle de stabilité DSTC qui répartit le couple entre les différents essieux dans les virages via un coupleur Haldex. Modèle d’équilibre, la S60 R permet une franche attaque sans arrières pensées grâce au sentiment de sécurité qu’elle procure. Dommage cependant que la direction fasse preuve de légèreté et d’un certain flou. Le moteur pour sa part profite d’un couple très important disponible dès les bas régimes. Très rageur, il se montre présent à tous les rapports mais son turbo souffre d’un temps de réaction un peu long. La vitesse maxi est bridée à 250 km/h, le 0 à 100 km/h est effectué en 6,2 s, le 1 000 m DA en 27 s et le 400 m DA en 15,2 s. la s60 R procure d’excellentes sensations, une sacrée surprise de la part de Volvo.
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